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Le Cadavre exquis

Art & Culture → Art → Concept (~1925, Surréalisme) — Le cadavre exquis est un jeu et une technique inventés par les surréalistes vers 1925.

Art & Culture → Art → Concept (~1925, Surréalisme)


Enjeu global

Le cadavre exquis est un jeu et une technique inventés par les surréalistes vers 1925. Plusieurs participants composent à tour de rôle une phrase ou un dessin sans voir ce que les autres ont écrit ou tracé : chacun ne dispose que d’un fragment, puis passe la feuille pliée. Le résultat, absurde et surprenant, révèle des associations qu’aucune volonté consciente n’aurait produites. L’enjeu : faire du hasard et de l’inconscient collectif, non de la maîtrise individuelle, la source de la création. Voir Surréalisme (peinture).

Caractéristiques objectives (techniques)

  • Origine : ~1925, groupe surréaliste autour d’André Breton (rue du Château, Paris).
  • Nom : issu de la première phrase produite au jeu — “Le cadavre / exquis / boira / le vin / nouveau.”
  • Procédés : version écrite (chaque joueur ajoute un mot selon une structure grammaticale fixe : article-nom-verbe…) ou dessinée (chacun prolonge un dessin caché, seuls dépassent les raccords) ; feuille pliée pour masquer l’ensemble.
  • Parenté : automatisme, écriture automatique, collages surréalistes.

Caractéristiques subjectives (l’esprit)

Jeu, surprise, humour, libération de la logique et du contrôle ; foi dans la richesse de l’inconscient et dans une intelligence collective involontaire.

Thèses et débats

1. L’inconscient contre la maîtrise

  • Thèse : en supprimant le contrôle conscient et l’auteur unique, on accède à une vérité poétique plus profonde (Breton : la beauté surgit de la rencontre fortuite).
  • Contradicteur : le hasard pur produit-il de l’art, ou seulement du bizarre ? Sans intention, où est l’œuvre ?

2. Jeu ou méthode artistique ?

  • Thèse : le cadavre exquis est une vraie méthode créatrice, ancêtre de pratiques collectives et génératives modernes (jusqu’à l’ère numérique).
  • Contradicteur : on peut n’y voir qu’un divertissement de salon, un exercice ludique sans portée esthétique durable.

🔗 Notes connexes