La première grande théorie de l’évolution — fausse, mais pas tout à fait morte.
⭐ L’idée forte. Formulé par Jean-Baptiste de Lamarck dans sa Philosophie zoologique (1809), un demi-siècle avant Darwin, le lamarckisme propose la première théorie cohérente de la transformation des espèces. Ses deux piliers : la loi de l’usage et du non-usage (un organe se développe par l’exercice, s’atrophie par l’inaction) et l’hérédité des caractères acquis (ces modifications se transmettent aux descendants). Image célèbre : la girafe allongerait son cou en tendant vers les hautes feuilles, et léguerait ce cou allongé.
🔑 Le point clé / ce qu’on oublie. (1) Dans sa forme classique, le mécanisme est faux : les caractères acquis pendant la vie (muscles, bronzage) ne modifient pas les gènes des cellules reproductrices. La réponse darwinienne : les girafes à long cou étaient déjà là par variation, et ont été sélectionnées. (2) Lamarck avait pourtant raison sur le fond — les espèces évoluent et descendent les unes des autres. (3) Il fut longtemps injustement caricaturé.
⚠️ Esprit critique. (1) L’épigénétique a partiellement réhabilité l’idée : certaines marques chimiques sur l’ADN, influencées par l’environnement, peuvent se transmettre sur quelques générations. 🔑 (2) Cela ne restaure pas le lamarckisme intégral : le darwinisme reste le cadre dominant. (Cf. La Sélection naturelle, Charles Darwin.)