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La Trappe à Pauvreté

Économie → quand la pauvreté s'auto-entretient et emprisonne des pays entiers dans le sous-développement. La trappe à pauvreté (poverty trap) désigne un cercle vicieux où la pauvreté engendre la…

Économie → quand la pauvreté s’auto-entretient et emprisonne des pays entiers dans le sous-développement.


L’essentiel

La trappe à pauvreté (poverty trap) désigne un cercle vicieux où la pauvreté engendre la pauvreté. Un revenu trop faible interdit toute épargne, donc tout investissement dans le capital physique, humain ou la santé, ce qui bloque la productivité et perpétue le faible revenu. L’idée renvoie aux seuils critiques : sous un certain niveau, l’économie ne peut décoller par elle-même. Elle nourrit un débat célèbre entre Jeffrey Sachs, partisan d’un « big push » d’aide massive, et William Easterly, sceptique sur l’efficacité de l’aide.

Mécanisme

  • Faible revenuépargne quasi nulle → investissement insuffisant → productivité stagnante → faible revenu (boucle).
  • Sous-investissement dans le capital humain (éducation, santé, nutrition) qui hypothèque la génération suivante.
  • Seuils et rendements croissants : il faut franchir un palier minimal pour amorcer une croissance auto-entretenue.
  • Facteurs aggravants : maladies endémiques, isolement géographique, faible densité d’infrastructures.

Exemples / Cas

  • Zones rurales d’Afrique subsaharienne enfermées dans l’agriculture de subsistance.
  • Programmes du Millénaire (villages du Millénaire de Sachs) testant le « big push ».
  • Débats sur l’aide au développement et son efficacité contestée.

Dimension symbolique

  • Le décollage impossible : sans impulsion externe, l’avion reste cloué au sol.
  • Aide ou autonomie : la trappe cristallise l’opposition entre solidarité massive et responsabilisation locale.

À retenir

La trappe à pauvreté justifie l’idée qu’un choc initial — aide, investissement public, infrastructures — peut être nécessaire pour amorcer le décollage. Mais Easterly rappelle que l’aide mal ciblée nourrit dépendance et corruption. Le consensus contemporain, porté par l’économie du développement expérimentale (Duflo, Banerjee), privilégie des interventions ciblées et évaluées plutôt que des transferts massifs indifférenciés.

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