Économie → deux capitalismes rivaux : l’actionnaire contre le partenaire ?
L’essentiel
Concept forgé par l’économiste français Michel Albert dans Capitalisme contre capitalisme (1991), le modèle rhénan désigne le capitalisme d’Allemagne, d’Autriche, de Suisse et du Japon, opposé au modèle anglo-saxon (néo-américain). Il privilégie le long terme, la cohésion sociale et le partenariat entre parties prenantes plutôt que la seule maximisation de la valeur pour l’actionnaire.
Mécanisme
- Cogestion (Mitbestimmung) : représentation des salariés au conseil de surveillance des grandes entreprises allemandes.
- Banques universelles : financement de long terme par des banques partenaires (Hausbank) plutôt que par les marchés boursiers.
- Capitalisme partenarial : dialogue institutionnalisé entre patronat, syndicats et État.
- Épargne et stabilité : préférence pour l’investissement patient et l’autofinancement.
Limites / Fragilités
- Jugé moins flexible et plus lent à se réformer que le modèle actionnarial.
- Érosion depuis les années 1990 sous la pression de la finance de marché et de la mondialisation.
- Tension entre protection sociale et compétitivité (réformes Hartz en Allemagne, 2003-2005).
Dimension symbolique
- Deux visions de l’entreprise : communauté d’intérêts durable vs nœud de contrats au service du capital.
- Paradoxe de Michel Albert : le modèle rhénan est jugé économiquement supérieur mais politiquement fragile face à l’attrait du modèle américain.
À retenir
Théorisé par Michel Albert (1991), le modèle rhénan oppose au capitalisme anglo-saxon actionnarial un capitalisme partenarial fondé sur la cogestion, les banques universelles et le long terme. Plus stable socialement mais moins flexible, il s’est érodé face à la financiarisation, tout en restant l’ossature de l’économie allemande.
🔗 Liens
Fiches qui citent celle-ci (2)
- MOC — Miracles et Modèles Économiques Économie
- Le Modèle Scandinave Économie