Économie → trois décennies de croissance exceptionnelle : miracle ou parenthèse ?
L’essentiel
Expression forgée par l’économiste Jean Fourastié dans son livre éponyme (1979), les Trente Glorieuses désignent la période 1945-1975 de croissance exceptionnelle en France et dans les pays occidentaux. Le PIB français a progressé d’environ 5 % par an, le plein-emploi était la norme (chômage < 2 %) et le niveau de vie a été multiplié par trois en une génération.
Mécanisme
- Reconstruction d’après-guerre et plan Marshall amorçant l’investissement.
- Fordisme : production de masse + consommation de masse, gains de productivité partagés via la hausse des salaires.
- État-providence : généralisation de la Sécurité sociale (1945), redistribution et stabilisation keynésienne.
- Société de consommation : automobile, électroménager, télévision se diffusent massivement.
Limites / Fragilités
- Croissance extensive dépendante d’une énergie (pétrole) abondante et bon marché.
- Coût écologique et urbain (pollution, grands ensembles) longtemps ignoré.
- Fin brutale avec les chocs pétroliers (1973 et 1979) ouvrant l’ère de la stagflation.
Dimension symbolique
- Nostalgie : l’âge d’or d’un progrès social continu et d’un ascenseur social qui fonctionnait.
- Révolution silencieuse (Fourastié) : le passage d’une société rurale et frugale à une société urbaine d’abondance.
À retenir
Nommées par Jean Fourastié, les Trente Glorieuses (1945-1975) incarnent un âge d’or de croissance (~5 %/an), de plein-emploi et d’expansion de l’État-providence, porté par le fordisme et la société de consommation. Les chocs pétroliers de 1973 y mettent fin, faisant entrer l’Occident dans une ère de croissance ralentie et de chômage de masse.