Économie → SuperFreakonomics → Chapitre 5 Chapitre le plus controversé du livre — voir les critiques ci-dessous.
La question du chapitre
Et si la lutte contre le réchauffement climatique avait, elle aussi, une solution “simple et bon marché” — la géo-ingénierie — plutôt que la coûteuse réduction des émissions prônée par Al Gore ?
Thèse principale
Réduire les émissions de CO₂ est lent, cher et politiquement quasi impossible (problème d’externalité et de “passager clandestin” mondial). Levitt & Dubner avancent qu’une intervention technique bon marché — imiter une éruption volcanique en injectant du soufre dans la stratosphère pour refroidir la planète — pourrait être une réponse plus efficace. C’est l’application au climat du principe du ch.4.
Arguments & exemples (chiffrés)
- Le précédent du Pinatubo : l’éruption du volcan Pinatubo (Philippines, 1991) a projeté des tonnes de dioxyde de soufre dans la stratosphère, refroidissant la planète d’environ 0,5 °C pendant un à deux ans. La nature a donc déjà fait la démonstration d’un “thermostat” planétaire.
- La solution “Budyko’s Blanket” : des ingénieurs (autour de Nathan Myhrvold, ex-Microsoft) proposent un long tuyau envoyant du soufre dans la haute atmosphère pour reproduire l’effet — coût estimé dérisoire comparé aux trillions de la décarbonation.
- L’argument économique : le CO₂ est une externalité négative classique (chacun pollue, personne ne paie le vrai coût) et un bien public mondial — d’où l’échec des accords. La géo-ingénierie contourne le problème politique en agissant directement sur la température.
- Provocations : le livre minimise certains effets du CO₂, souligne que la vapeur d’eau est un gaz à effet de serre majeur, et raille le catastrophisme — d’où la polémique.
Portée
Le chapitre pousse à l’extrême la logique du livre : chercher le levier technique bon marché là où tout le monde voit un problème moral et politique insoluble. Il soulève une vraie question : faut-il explorer la géo-ingénierie comme “plan B” ?
Contradicteur / limites (la grande controverse)
- Critique scientifique : des climatologues (dont Raymond Pierrehumbert) ont accusé le chapitre d’erreurs factuelles et de raccourcis sur la physique du climat — l’un des passages les plus reprochés de toute l’œuvre.
- Le danger de la géo-ingénierie : injecter du soufre ne supprime pas le CO₂ (donc pas l’acidification des océans), masque le problème, crée une dépendance dangereuse (si on arrête, réchauffement brutal), et soulève d’énormes risques de gouvernance mondiale et d’effets secondaires imprévisibles.
- Aléa moral : promettre une “solution miracle” pourrait décourager la réduction des émissions, pourtant indispensable.
- Bilan : exemple parfait de la force et du danger de la méthode du livre — le “contre-intuitif et bon marché” séduit, mais ici au prix de la rigueur (voir SuperFreakonomics — La Méthode et les Chapitres, la critique générale ; La Vie comme Structure Dissipative sur les limites planétaires).
🔗 Notes connexes
- SuperFreakonomics — La Méthode et les Chapitres · SuperFreakonomics ch.4 — La solution simple et bon marché
- La Vie comme Structure Dissipative (limites écologiques, énergie) · l’échelle de Kardashev (maîtrise du climat) · Les Marxismes Contemporains — Analytique, Géographique, Écologique (éco-marxisme, critique)
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