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Ion platon 16 April 2026 15:58 Platon aime la logique et la connaissance, donc il aime l’objectivité. Il critique la rhétorique car elle permet d’imposer un point de vue, donc une subjectivité. Et en un sens, le poète est plutôt du côté de la science, car le poète se soumet à la voix de dieu, qui est nécessaire et impérieuse. Démonstration : Ainsi le dieu est grand, et le poète est son prophète. C’est pourquoi la parole poétique peut prétendre à la valeur absolue du vrai, et renier ainsi l’opinion —toujours relative à telle ou telle cité—que flatte la sophistique. Au discours profane du sophiste le poète oppose une invocation sacrée. l’immanence de la vérité au centre des opinions convergentes le poète tout comme le philosophe oppose la contrainte d’une vérité transcendante à laquelle l’esprit doit se soumettre. From <https://www.jdarriulat.net/Auteurs/Platon/Ion.html
MAIS, Le problème du poète c’est qu’il va se servir de sa révélation comme d’un pouvoir. émonstration ; Il y a cependant, dit Socrate (RépX, 607 b) «une ancienne dissidence, un ancien différend (diaphora) entre le philosophe et le poète». n effet si le philosophe partage avec le poète la conviction de la transcendance du vrai, il partage en revanche avec le sophiste la volonté de se rendre maître du discours et de penser et de décider par soi-même. La sophistique a permis aux hommes de s’approprier l’arme de la parole (c’est avec la sophistique que naît la grammaire les sciences du langage et que se codifient les techniques de persuasion), et ainsi de prendre conscience de ce qui distingue l’homme de tous les vivants. C’est ce grand renversement —sans lequel la démocratie n’aurait jamais eu lieu et l’on peut considérer les sophistes comme les
considérer les sophistes comme les premiers théoriciens de la démocratie— qui donne la parole aux hommes et réduit les dieux au silence. C’est ainsi que la cité des hommes se fonde originairement sur un blasphème : pour consulter l’opinion publique et s’en remettre de préférence à toute autre autorité il faut choisir de ne plus consulter l’oracle des dieux. Le turannos dont le règne laïcise le pouvoir et prépare les régimes constitutionnels du Ve siècle s’empare d’une autorité qui n’appartenait avant lui qu’aux dieux ou à leur représentant le roi sacerdotal. Pour qu’Œdipe règne il faut que l’idole —le Sphinx–soit précipité dans l’abîme et que le fils tue son père. From <https://www.jdarriulat.net/Auteurs/Platon/Ion.html
Socrate cherche d’abord à définir la nature de la compétence d’Ion • La Technê(L’Art ou Science) :C’est une connaissance rationnelle, universelle et méthodique. Si le rhapsode possédait une technê, il serait capable de juger de la qualité de tousles poètes car les règles de la poésie sont les mêmes partout. • La Theia Moira(Le Don divin) :Puisqu’Ion n’est excellent que pour Homère et muet pour les autres, son talent n’est pas une science. Il est le résultat d’une élection divine un privilège irrationnel et non transmissible par l’apprentissage. ocrate avance que la création et la raison sont mutuellement exclusives : • L’enthousiasme (Enthousiasmos) : C’est l’état de celui qui a “le dieu en soi”. Pour être habité par la divinité l’homme doit être “hors de lui- même”. • Le sacrifice de l’intellect :Socrate affirme que tant qu’un homme possède sa raison (nous), il est incapable de produire de la poésie ou de prophétiser. Le poète est un “interprète des dieux” précisément parce qu’il ne s’appartient plus. • L’automatisme :L’artiste agit comme
• L’automatisme :L’artiste agit comme un médium. S’il raisonnait, il ferait des choix techniques (relevant de la technê), ce qui briserait la pureté de la transmission divine. C’est un argument psychologique qui fragilise la thèse de l’inspiration pure. Socrate interroge Ion sur ce qu’il ressent lorsqu’il récite des passages pathétiques. • Le paradoxe :Ion admet que, tout en étant transporté (en larmes ou terrifié par son propre récit), il garde un œil très attentif sur le public. • L’enjeu financier :Ion confesse que si le public pleure, il s’en réjouit car il gagnera de l’argent ; s’il rit, il s’en inquiète car il en perdra. • La conclusion :Cet argument révèle une faille dans la “divinité” du rhapsode. Il n’est pas totalement “hors de lui” puisqu’il conserve une conscience calculatrice et commerciale. Cela préfigure la critique platonicienne de l’artiste comme manipulateur d’émotions. • La prétention d’Ion :Puisqu’il connaît parfaitement Homère, et qu’Homère traite de tout (y compris de l’art militaire), Ion prétend être le meilleur général de Grèce. • La réduction à l’absurde :Socrate lui demande pourquoi, s’il est le meilleur général, les Athéniens ne l’ont pas engagé. Ion se réfugie derrière son statut d’étranger (il est d’Éphèse). • La conclusion :Cet argument montre que le rhapsode est incapable de définir son propre domaine d’expertise. En prétendant que son art recouvre celui du général, il prouve qu’il n’a pas d’art propre. C’est l’argument du glissement sémantique: Ion confond “connaître les mots qui parlent de la guerre” et “connaître la guerre”.
- Soit Ion est un homme injuste: il prétend posséder une science (un art) qu’il refuse de démontrer ou qu’il ne possède pas réellement (puisqu’il est incapable de définir ses règles).
- Soit Ion est un homme divin: il ne sait rien, mais il parle magnifiquement par la grâce
mais il parle magnifiquement par la grâce des dieux. • Le choix d’Ion :Ion préfère être considéré comme “divin” plutôt que comme “injuste”. • L’enjeu caché :Pour Platon, ce choix est une défaite intellectuelle. Ion accepte d’être dépossédé de sa raison pour sauver sa réputation. L’ j u u : L des compétences Socrate termine par une analyse du contenu du discours poétique pour démontrer l’ignorance du rhapsode : • Le domaine réservé :Chaque art possède un objet d’étude spécifique (la médecine pour le médecin, la navigation pour le pilote). • L’absence d’objet propre :Le rhapsode prétend parler de tout (guerre, artisanat, morale) parce qu’Homère en parle. Or, sur chaque sujet précis, le spécialiste du métier est plus compétent que le rhapsode pour juger de la vérité du texte. • L’aporie finale :Le rhapsode n’ayant aucun savoir technique propre, il ne lui reste que deux statuts possibles : soit il est un imposteur qui ment sur sa compétence, soit il est “divin” et parle sans savoir ce qu’il dit. C’est le cœur du débat. Ion prétend posséder un art(technè), c’est-à-dire une compétence technique, rationnelle et enseignable, qui lui permet de parler magnifiquement d’Homère. Socrate lui démontre que ce n’est pas le cas : • Si Ion possédait l’art de la poésie en général, il serait capable de commenter tous les poètes (Hésiode, Archiloque, etc.) et pas seulement Homère. • Puisqu’il n’est bon que pour Homère, son talent n’est pas une science, mais une "puissance divine"qui le traverse. Platon introduit ici le concept d’enthousiasme(au sens étymologique : être habité par le dieu). Question du coup : comment faire pour faire comme si ? Comment trompe-t-il les gens s’il n’a pas de technique ?
gens s’il n’a pas de technique ? Pour expliquer comment Ion parvient à émouvoir les foules sans rien “savoir” vraiment, Socrate utilise une image célèbre : celle de la pierre d’Héraclée (l’aimant). • La Museest l’aimant original. • Le poèteest le premier anneau de fer magnétisé. • Le rhapsode(Ion) est l’anneau suivant. • Le publicest le dernier anneau. La poésie n’est donc pas une création intellectuelle, mais une transmission d’énergie divine où la raison n’a pas sa place. Le poète est “une chose légère, ailée, sacrée”, incapable de créer tant qu’il garde sa raison.
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