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L'Alexandrin

Le vers-roi de la poésie française — douze syllabes qui ont porté trois siècles de tragédie et de sublime, avant d'être brisées. ⭐ Le vers de douze syllabes.

Le vers-roi de la poésie française — douze syllabes qui ont porté trois siècles de tragédie et de sublime, avant d’être brisées.

Le vers de douze syllabes. L’alexandrin est le VERS le plus prestigieux de la poésie française : un vers de DOUZE syllabes, avec une pause centrale (la césure) qui le divise en deux « hémistiches » de six syllabes. Il domine la poésie et le théâtre français du XVIe au XIXe siècle (Racine, Corneille, Hugo, Baudelaire).

🔑 Le mètre de la noblesse. 🔑 L’alexandrin est le vers du SUBLIME et du grand style : sa longueur permet l’ampleur, l’équilibre (les deux hémistiches se répondent), la musicalité. Le classicisme en fait le vers noble par excellence (tragédie). Les romantiques puis les modernes le BOUSCULENT (déplacer la césure, l’« alexandrin ternaire » d’Hugo) avant que le vers libre ne s’en affranchisse totalement. Toute l’histoire de la poésie française se joue dans le rapport à l’alexandrin (cf. La Rime).

⚠️ Esprit critique. (1) Contrainte et liberté : compter les syllabes, placer la césure semble une CONTRAINTE arbitraire — mais c’est en jouant AVEC et CONTRE elle que les poètes créent des effets (la « rupture » de la césure exprime le trouble). La règle rend l’écart signifiant (cf. L’Oulipo, La Fugue). 🔑 (2) Une convention culturelle : l’alexandrin n’a rien d’« universel » — c’est une forme propre au français (l’anglais préfère le pentamètre iambique, cf. Hamlet). Chaque langue a sa musique et ses formes. Le « beau vers » est relatif à une langue et une tradition (cf. Le Style).

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