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Le Postmodernisme (littérature)

Littérature → Mouvement / esthétique (international, après ~1960) — Le postmodernisme littéraire est une esthétique du soupçon et du jeu qui, après le sérieux du modernisme, cesse de croire aux…

Littérature → Mouvement / esthétique (international, après ~1960)


Enjeu global

Le postmodernisme littéraire est une esthétique du soupçon et du jeu qui, après le sérieux du modernisme, cesse de croire aux grands récits — les grandes explications totalisantes du monde (progrès, raison, émancipation). Il assume que la littérature est artifice, langage sur du langage. D’où son goût de l’ironie, du pastiche, du fragment, du mélange des genres nobles et populaires. Le roman se sait roman et le montre : il ne reflète plus le réel, il exhibe sa propre fabrication.

Dimension technique / caractéristiques et origines

Les traits

  • Métafiction : le texte qui commente sa propre écriture, se sait fiction.
  • Intertextualité et pastiche : citation, parodie, réécriture, collage.
  • Ironie, jeu, humour ; effacement de la hiérarchie haute / basse culture.
  • Fragmentation, non-linéarité, récits emboîtés, fins multiples ou ouvertes.

Origines et contexte

  • Émerge après 1960. Le philosophe Jean-François Lyotard (La Condition postmoderne, 1979) le définit comme « l’incrédulité à l’égard des métarécits ». Prolonge et conteste le modernisme ; contexte de la société de consommation et des médias de masse.

Les grandes œuvres et auteurs

  • Jorge Luis Borges (Fictions, 1944), précurseur du labyrinthe métafictionnel.
  • Italo Calvino (Si par une nuit d’hiver un voyageur, 1979).
  • Thomas Pynchon (L’Arc-en-ciel de la gravité, 1973).
  • Umberto Eco (Le Nom de la rose, 1980).
  • David Foster Wallace (Infinite Jest, 1996).

Dimension symbolique / les débats

1. La fin des grands récits

Après Lyotard, le postmoderne renonce aux vérités totalisantes et embrasse la pluralité, l’instabilité du sens, le simulacre. Le lecteur devient co-constructeur d’un texte ouvert, conscient de sa nature d’artifice.

2. À distinguer du modernisme

Le modernisme cherchait encore, dans la fragmentation, un ordre ou un sens caché ; le postmodernisme s’y complaît avec ironie, sans nostalgie de l’unité. On lui reproche parfois un relativisme gratuit et une virtuosité froide ; ses défenseurs y voient la lucidité d’une époque sans certitudes.

En bref

  1. Esthétique internationale, après ~1960.
  2. Métafiction, ironie, intertextualité, fragmentation.
  3. Fin des grands récits (Lyotard, 1979).
  4. Borges, Calvino, Pynchon, Eco (Le Nom de la rose), Foster Wallace.
  5. À distinguer du modernisme, dont il pousse le jeu jusqu’à l’ironie.

🔗 Notes connexes

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