Littérature → Œuvres → Roman d’aventures (XIXe siècle)
Enjeu global
Roman-monde des Voyages extraordinaires, il célèbre le rétrécissement de la planète par la révolution des transports : chemins de fer transcontinentaux, canal de Suez (1869), lignes de paquebots. Le flegmatique Phileas Fogg parie de boucler la Terre en quatre-vingts jours, faisant du temps mesuré le vrai héros. Verne y met en scène le triomphe de la rationalité industrielle victorienne, tout en glissant une pointe d’ironie sur l’obsession horaire.
L’œuvre
- Intrigue : membre du Reform Club de Londres, Fogg parie 20 000 livres et s’élance avec son valet français Passepartout. Poursuivi par le détective Fix qui le croit voleur de banque, il traverse Suez, l’Inde (où il sauve la princesse Aouda), Hong Kong, le Japon, l’Amérique.
- Dispositif : récit haletant scandé par les retards et parades ; ressort final du décalage horaire (un jour gagné vers l’est).
- Contexte : 1872, empire colonial britannique à son apogée.
Thèses et débats
1. Éloge du calcul
Fogg incarne l’homme-machine, la maîtrise du hasard par l’exactitude et l’argent.
2. Le monde connecté
Le roman documente la mondialisation naissante des réseaux, entre émerveillement et cliché exotique.
3. Le cœur sous le chronomètre
La conquête d’Aouda révèle qu’au-delà du pari, Fogg a gagné une vie affective.
Pourquoi ça compte
Classique universel de l’aventure, sans cesse adapté (cinéma, dessin animé, jeux), il fixe l’archétype du voyage-course et l’imaginaire d’un monde parcourable. Emblème du récit d’anticipation technique.
Œuvres / concepts liés
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