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Lexique de la littérature (glossaire)

Littérature → Tous les mots techniques pour analyser un texte, définis avec précision, traduits (EN · DE · ZH), illustrés d'un exemple et distingués du terme voisin.

Littérature → Tous les mots techniques pour analyser un texte, définis avec précision, traduits (EN · DE · ZH), illustrés d’un exemple et distingués du terme voisin.

Genres & formes

  • Roman (EN: novel · DE: der Roman · ZH: 长篇小说 chángpiān xiǎoshuō) — long récit de fiction en prose suivant un ou plusieurs personnages dans une intrigue développée. Genre souple, sans forme fixe, opposé à la nouvelle par son ampleur et la pluralité de ses fils. La Princesse de Clèves, Madame Bovary.
  • Nouvelle (EN: short story, novella · DE: die Novelle · ZH: 短篇小说 duǎnpiān xiǎoshuō) — récit bref en prose, à intrigue resserrée sur un seul nœud et souvent à chute finale (Maupassant, Boule de suif). Se distingue du roman par sa concentration (peu de personnages, temps court) et du conte par son ancrage réaliste.
  • Conte (EN: tale · DE: das Märchen · ZH: 故事 gùshi) — récit court, souvent merveilleux, à visée morale ou symbolique (Le Petit Chaperon rouge). À la différence de la nouvelle, il assume l’invraisemblable (magie, animaux parlants) et une temporalité indéterminée (« Il était une fois »).
  • Conte philosophique (EN: philosophical tale · DE: die philosophische Erzählung · ZH: 哲理小说 zhélǐ xiǎoshuō) — récit fictif et souvent invraisemblable mettant une thèse à l’épreuve d’une expérience (Voltaire, Candide). Sous-genre de l’apologue : la fiction y sert la démonstration d’idées.
  • Poésie (EN: poetry · DE: die Dichtung, die Lyrik · ZH: 诗歌 shīgē) — genre travaillant la forme, le rythme et les sonorités du langage pour suggérer plus que dire. Peut être versifiée, en prose ou libre : c’est le travail du signifiant, non le vers, qui la définit.
  • Poème en prose (EN: prose poem · DE: das Prosagedicht · ZH: 散文诗 sǎnwénshī) — texte poétique bref sans vers ni mètre, jouant sur les images et le rythme de la prose (Baudelaire, Le Spleen de Paris). À distinguer du vers libre, qui garde le retour à la ligne comme unité.
  • Théâtre (EN: drama, theatre · DE: das Theater, das Drama · ZH: 戏剧 xìjù) — texte destiné à être joué, écrit en dialogues et didascalies pour la scène. Double énonciation : le personnage parle à un autre personnage et, à travers lui, au spectateur.
  • Essai (EN: essay · DE: der Essay · ZH: 随笔 suíbǐ, 论说文 lùnshuōwén) — texte d’idées en prose où un auteur expose et argumente une réflexion personnelle (Montaigne, Essais). Se distingue du traité par sa liberté de ton et son refus de la systématicité.
  • Épopée (EN: epic · DE: das Epos, das Heldenepos · ZH: 史诗 shǐshī) — long poème narratif célébrant en style élevé les exploits d’un héros et d’un peuple (L’Iliade, La Chanson de Roland). Le registre épique en dérive : amplification, merveilleux, hyperbole.
  • Fable (EN: fable · DE: die Fabel · ZH: 寓言 yùyán) — court récit allégorique, souvent animalier, débouchant sur une morale explicite ou implicite (La Fontaine). Cas particulier de l’apologue, la morale y est la finalité du récit.
  • Sonnet (EN: sonnet · DE: das Sonett · ZH: 十四行诗 shísìhángshī) — poème à forme fixe de 14 vers en deux quatrains et deux tercets, hérité de Pétrarque, à chute souvent portée par le dernier vers. Rimes classiques : ABBA ABBA CCD EED.
  • Rondeau (EN: rondeau · DE: das Rondeau · ZH: 回旋诗 huíxuánshī) — poème à forme fixe médiévale sur deux rimes, caractérisé par le retour d’un refrain repris du premier vers (rentrement). Plus bref et musical que la ballade.
  • Ballade (EN: ballade, ballad · DE: die Ballade · ZH: 谣曲 yáoqǔ) — poème à forme fixe (souvent trois strophes et un envoi), chaque strophe s’achevant sur un même vers-refrain (Villon, Ballade des pendus). À ne pas confondre avec la ballade romantique allemande, poème narratif et fantastique.
  • Ode (EN: ode · DE: die Ode · ZH: 颂歌 sònggē) — poème lyrique de célébration, au ton élevé et à la structure strophique (Ronsard, Hugo). L’ode exalte (gloire, nature, sentiment) là où l’élégie déplore.
  • Élégie (EN: elegy · DE: die Elegie · ZH: 哀歌 āigē) — poème lyrique de la plainte, du deuil ou de la mélancolie amoureuse (Lamartine, Le Lac). S’oppose à l’ode par la tonalité, plaintive et non célébrante.
  • Haïku (EN: haiku · DE: das Haiku · ZH: 俳句 páijù) — poème japonais très bref de 17 mores (5-7-5) saisissant un instant lié à la nature et à une saison. La brièveté vise la suggestion et l’effacement du moi, à l’inverse de l’épanchement lyrique.
  • Tragédie (EN: tragedy · DE: die Tragödie · ZH: 悲剧 bēijù) — pièce grave où un héros noble affronte un destin qui le conduit à sa perte (Racine, Phèdre). Vise terreur et pitié pour produire la catharsis ; s’oppose à la comédie par le rang des personnages et l’issue funeste.
  • Comédie (EN: comedy · DE: die Komödie · ZH: 喜剧 xǐjù) — pièce visant à faire rire et à corriger les mœurs en peignant des caractères ordinaires (Molière). Castigat ridendo mores : corriger les mœurs par le rire.
  • Tragi-comédie (EN: tragicomedy · DE: die Tragikomödie · ZH: 悲喜剧 bēixǐjù) — pièce mêlant péril tragique et dénouement heureux, aux personnages parfois nobles (Corneille, Le Cid). À distinguer du drame, qui refuse la séparation des genres au nom du réalisme.
  • Drame (EN: drama (play) · DE: das Drama, das Schauspiel · ZH: 正剧 zhèngjù) — pièce mêlant tragique et comique, souvent centrée sur des personnages ordinaires (drame romantique de Hugo, drame bourgeois de Diderot). Rompt avec la hiérarchie classique des genres.
  • Autobiographie (EN: autobiography · DE: die Autobiografie · ZH: 自传 zìzhuàn) — récit rétrospectif en prose de sa propre vie par son auteur, avec pacte de vérité (Rousseau, Les Confessions). Identité auteur = narrateur = personnage (Lejeune). S’oppose à l’autofiction par ce pacte de sincérité.
  • Autofiction (EN: autofiction · DE: die Autofiktion · ZH: 自我虚构 zìwǒ xūgòu) — récit où l’auteur romance sa propre vie en assumant l’ambiguïté fiction/réalité (Doubrovsky, Fils). Même identité nominale que l’autobiographie, mais pacte fictionnel revendiqué.
  • Mémoires (EN: memoirs · DE: die Memoiren · ZH: 回忆录 huíyìlù) — récit d’une vie centré sur les événements publics et l’époque traversée plus que sur l’intime (Saint-Simon, Chateaubriand). Se distingue de l’autobiographie par le primat de l’Histoire sur le moi.
  • Journal intime (EN: diary · DE: das Tagebuch · ZH: 日记 rìjì) — écriture au jour le jour de soi, datée et fragmentaire, sans destinataire affiché ni recul rétrospectif. À la différence de l’autobiographie, il ignore la fin de l’histoire qu’il raconte.
  • Roman épistolaire (EN: epistolary novel · DE: der Briefroman · ZH: 书信体小说 shūxìntǐ xiǎoshuō) — roman constitué de lettres échangées entre personnages (Laclos, Les Liaisons dangereuses). Supprime le narrateur au profit de voix multiples et subjectives.
  • Roman d’apprentissage (Bildungsroman) (EN: coming-of-age novel, Bildungsroman · DE: der Bildungsroman · ZH: 成长小说 chéngzhǎng xiǎoshuō) — roman retraçant la formation morale et sociale d’un héros jeune de l’illusion à la maturité (L’Éducation sentimentale). Structure de la trajectoire, non de l’aventure ponctuelle.
  • Épître (EN: epistle · DE: die Epistel · ZH: 诗体书信 shītǐ shūxìn) — poème ou texte en forme de lettre adressée à un destinataire, réel ou fictif (Boileau, Épîtres). À distinguer du roman épistolaire : l’épître est un poème d’idées, non une intrigue par lettres.
  • Apologue (EN: apologue, moral tale · DE: der Apolog, die Lehrfabel · ZH: 寓言故事 yùyán gùshi) — court récit à visée argumentative dont on tire une leçon (fable, parabole, conte philosophique). Terme générique : la fable en est la forme versifiée et animalière.
  • Utopie / Dystopie (EN: utopia / dystopia · DE: die Utopie / die Dystopie · ZH: 乌托邦 wūtuōbāng / 反乌托邦 fǎn wūtuōbāng) — récit d’une société idéale (utopie, More) ou cauchemardesque (dystopie, Orwell, 1984) servant la critique du présent. Deux faces d’un même geste : la fiction politique par le déplacement.
  • Pamphlet (EN: pamphlet, lampoon · DE: die Streitschrift, das Pamphlet · ZH: 讽刺小册子 fěngcì xiǎocèzi) — texte court, violent et polémique, attaquant une personne, une institution ou une idée. À distinguer de la satire, plus large et souvent plaisante, là où le pamphlet vise à détruire.

Narratologie

  • Narrateur (EN: narrator · DE: der Erzähler · ZH: 叙述者 xùshùzhě) — instance qui raconte l’histoire, à distinguer soigneusement de l’auteur réel (personne qui écrit) et du personnage (acteur de l’histoire).
  • Auteur (EN: author · DE: der Autor · ZH: 作者 zuòzhě) — personne réelle qui écrit l’œuvre, située hors du texte. À ne jamais confondre avec le narrateur, même en autobiographie où ils coïncident nominalement.
  • Narrateur homodiégétique (EN: homodiegetic narrator · DE: homodiegetischer Erzähler · ZH: 同故事叙述者 tóng gùshì xùshùzhě) — narrateur qui est aussi personnage de l’histoire qu’il raconte (récit à la 1re personne). Cas particulier : le narrateur autodiégétique est le héros de son propre récit.
  • Narrateur hétérodiégétique (EN: heterodiegetic narrator · DE: heterodiegetischer Erzähler · ZH: 异故事叙述者 yì gùshì xùshùzhě) — narrateur extérieur à l’histoire, absent comme personnage (récit à la 3e personne). S’oppose à l’homodiégétique ; à ne pas confondre avec la focalisation, qui concerne le point de vue et non la présence du narrateur.
  • Voix narrative (EN: narrative voice · DE: die Erzählstimme · ZH: 叙述声音 xùshù shēngyīn) — instance qui parle (« qui raconte ? »), à distinguer du mode ou focalisation (« qui perçoit ? »). Genette sépare ces deux questions souvent confondues.
  • Diégèse (EN: diegesis · DE: die Diegese · ZH: 故事世界 gùshì shìjiè, 叙事层 xùshìcéng) — l’univers spatio-temporel de l’histoire racontée, le monde de la fiction. Extradiégétique = niveau du narrateur qui raconte ; intradiégétique = à l’intérieur de l’histoire.
  • Métalepse (EN: metalepsis · DE: die Metalepse · ZH: 叙述越界 xùshù yuèjiè) — franchissement transgressif des niveaux du récit (le narrateur entre dans l’histoire, ou un personnage s’adresse au lecteur). Effet de rupture de l’illusion, distinct de la simple mise en abyme.
  • Point de vue (focalisation) (EN: point of view, focalization · DE: die Perspektive, die Fokalisierung · ZH: 视角 shìjiǎo, 聚焦 jùjiāo) — angle par lequel l’histoire est perçue et donnée à voir au lecteur ; répond à « qui perçoit ? », non à « qui parle ? ».
  • Focalisation interne (EN: internal focalization · DE: interne Fokalisierung · ZH: 内聚焦 nèi jùjiāo) — le récit adopte le savoir et le regard limités d’un seul personnage (on ne sait que ce qu’il sait). S’oppose à la focalisation zéro par cette limitation du savoir.
  • Focalisation externe (EN: external focalization · DE: externe Fokalisierung · ZH: 外聚焦 wài jùjiāo) — le narrateur ne rapporte que ce qui est visible de l’extérieur, sans accès aux pensées (regard de caméra). Se distingue de l’interne : aucune intériorité livrée.
  • Focalisation zéro (EN: zero focalization, omniscient · DE: Nullfokalisierung · ZH: 零聚焦 líng jùjiāo) — narrateur omniscient qui sait tout de tous les personnages, de leur passé et de l’intrigue. Le savoir du narrateur excède celui de tout personnage, à l’inverse de l’interne.
  • Intrigue (EN: plot · DE: die Handlung, die Intrige · ZH: 情节 qíngjié) — enchaînement organisé et signifiant des événements qui structure le récit du début au dénouement. À distinguer de l’histoire (les faits dans l’ordre chronologique) et du récit (leur mise en discours).
  • Schéma narratif (EN: narrative structure · DE: das Erzählschema · ZH: 叙事结构 xùshì jiégòu) — modèle en cinq étapes : situation initiale, élément perturbateur, péripéties, dénouement, situation finale. Décrit la dynamique de l’action.
  • Schéma actantiel (EN: actantial model · DE: das Aktantenmodell · ZH: 行动元模型 xíngdòngyuán móxíng) — grille (sujet, objet, adjuvant, opposant, destinateur, destinataire) décrivant les forces de l’action (Greimas). Analyse les rôles, non la chronologie.
  • Actant (EN: actant · DE: der Aktant · ZH: 行动元 xíngdòngyuán) — rôle fonctionnel dans le schéma actantiel (le sujet, l’opposant…), distinct de l’acteur/personnage : un personnage peut occuper plusieurs actants, un actant être porté par plusieurs personnages.
  • Incipit (EN: incipit, opening · DE: der Textanfang, der Incipit · ZH: 开篇 kāipiān) — tout début d’un texte, souvent chargé de fixer le cadre, informer et sceller le pacte de lecture. Antonyme : l’explicit ou clausule, dernières lignes de l’œuvre.
  • In medias res (EN: in medias res · DE: in medias res · ZH: 事件中途开始 shìjiàn zhōngtú kāishǐ) — début qui plonge d’emblée au cœur de l’action, sans préambule (les épopées). S’oppose au début ab ovo, qui remonte à l’origine des faits.
  • Chute (EN: twist ending, punchline · DE: die Pointe · ZH: 结尾反转 jiéwěi fǎnzhuǎn) — fin brève et inattendue qui renverse le sens du récit (fréquente dans la nouvelle). À distinguer du dénouement, qui résout sans forcément surprendre.
  • Dénouement (EN: dénouement, resolution · DE: die Auflösung · ZH: 结局 jiéjú) — résolution finale de l’intrigue qui dénoue les tensions et lève les obstacles. Peut être heureux, funeste ou ouvert.
  • Anachronie (EN: anachrony · DE: die Anachronie · ZH: 时间倒错 shíjiān dàocuò) — toute rupture entre l’ordre de l’histoire et l’ordre du récit ; terme englobant l’analepse et la prolepse (Genette).
  • Analepse (EN: analepsis, flashback · DE: die Analepse, die Rückblende · ZH: 倒叙 dàoxù) — retour en arrière sur un événement antérieur au point où en est le récit (flash-back). Opposée à la prolepse.
  • Prolepse (EN: prolepsis, flash-forward · DE: die Prolepse, die Vorausdeutung · ZH: 预叙 yùxù) — anticipation d’un événement futur du récit (« Il ne le savait pas encore, mais… »). Opposée à l’analepse. À ne pas confondre avec la prolepse rhétorique (réfutation anticipée d’une objection).
  • Ellipse (narrative) (EN: ellipsis · DE: die Aussparung, die Ellipse · ZH: 省略 shěnglüè) — passage sous silence d’un segment de temps ou d’action pour accélérer le récit (« Dix ans passèrent »). Vitesse infinie : durée d’histoire non nulle, durée de récit nulle.
  • Sommaire (EN: summary · DE: die Raffung, der Bericht · ZH: 概述 gàishù) — résumé rapide d’une longue durée en quelques lignes (accélération). Plus lent que l’ellipse, plus rapide que la scène.
  • Scène (EN: scene · DE: die Szene · ZH: 场景 chǎngjǐng) — moment où le temps du récit coïncide avec le temps de l’histoire (dialogues surtout). Vitesse « réelle », opposée au sommaire et à la pause.
  • Pause (EN: descriptive pause · DE: die Pause · ZH: 停顿 tíngdùn) — arrêt de l’action au profit d’une description ou d’un commentaire (durée d’histoire nulle, durée de récit non nulle). Symétrique de l’ellipse.
  • Rythme du récit (EN: narrative pace, tempo · DE: das Erzähltempo · ZH: 叙事节奏 xùshì jiézòu) — variation de vitesse entre sommaire, scène, pause et ellipse. La tension naît de l’alternance de ces régimes.
  • Récit itératif (EN: iterative narrative · DE: iteratives Erzählen · ZH: 反复叙事 fǎnfù xùshì) — un seul énoncé raconte plusieurs occurrences d’un événement répété (« Tous les dimanches, il… »). S’oppose au récit singulatif (une fois pour un fait unique).
  • Mise en abyme (EN: mise en abyme · DE: die Mise en abyme, die Spiegelung · ZH: 套层结构 tàocéng jiégòu, 纹心结构 wénxīn jiégòu) — enchâssement d’un récit, d’une image ou d’une scène dans un autre qui le reflète (récit dans le récit ; le tableau dans le tableau). À distinguer de la métalepse, qui franchit les niveaux au lieu de les emboîter.
  • Récit-cadre (EN: frame narrative · DE: die Rahmenerzählung · ZH: 框架叙事 kuàngjià xùshì) — récit principal qui enchâsse un ou plusieurs récits enchâssés (Les Mille et Une Nuits, Manon Lescaut). Structure d’emboîtement, sans effet de reflet obligatoire (contrairement à la mise en abyme).
  • Péripétie (EN: peripeteia, turning point · DE: die Peripetie · ZH: 突转 tūzhuǎn) — retournement soudain qui relance ou infléchit l’action. Le coup de théâtre en est la forme la plus brutale et spectaculaire.
  • Quiproquo (EN: mistaken identity, misunderstanding · DE: das Quiproquo, die Verwechslung · ZH: 误会 wùhuì) — méprise sur une personne ou une situation, ressort comique ou tragique (Molière). Malentendu de situation, à distinguer de l’ironie dramatique (le spectateur sait, le personnage non).
  • Protagoniste / Antagoniste (EN: protagonist / antagonist · DE: der Protagonist / der Antagonist · ZH: 主角 zhǔjué / 反派 fǎnpài) — personnage principal qui porte l’action (protagoniste) et force qui s’y oppose (antagoniste). Rôles narratifs, distincts du héros (valeur axiologique) et de l’actant (fonction).

Figures de style — analogie

  • Métaphore (EN: metaphor · DE: die Metapher · ZH: 隐喻 yǐnyù, 暗喻 ànyù) — rapprochement de deux termes sans outil de comparaison (« cette faucille d’or dans le champ des étoiles » pour la lune). Se distingue de la comparaison par l’absence d’outil, et de la métonymie par le rapport d’analogie et non de contiguïté.
  • Comparaison (EN: simile · DE: der Vergleich, das Gleichnis · ZH: 明喻 míngyù) — rapprochement de deux termes par un outil explicite (comme, tel, semblable à, ressembler) : « La Terre est bleue comme une orange ». Comparé + comparant + outil ; la métaphore supprime l’outil.
  • Métaphore filée (EN: extended metaphor · DE: die durchgeführte Metapher · ZH: 延伸隐喻 yánshēn yǐnyù) — métaphore prolongée et développée sur plusieurs mots, phrases ou vers, par un réseau d’images cohérent. Une seule analogie déclinée, non une suite de métaphores distinctes.
  • Catachrèse (EN: catachresis · DE: die Katachrese · ZH: 强喻 qiángyù, 词形借用 cíxíng jièyòng) — métaphore lexicalisée, figée par l’usage, comblant un manque de mot propre (« les pieds d’une table », « les ailes d’un avion »). Métaphore morte, on n’en perçoit plus l’image.
  • Allégorie (EN: allegory · DE: die Allegorie · ZH: 讽喻 fěngyù, 寓意 yùyì) — représentation concrète, développée et souvent personnifiée d’une idée abstraite (la Mort en faucheuse, la Justice aux yeux bandés). À distinguer du symbole : l’allégorie est un système codé et explicite, le symbole une évocation ouverte et polysémique.
  • Personnification (EN: personification · DE: die Personifikation · ZH: 拟人 nǐrén) — attribution de traits humains à une chose, un animal ou une abstraction (« la nature souriait »). La prosopopée est une personnification poussée jusqu’à la prise de parole.
  • Prosopopée (EN: prosopopoeia · DE: die Prosopopöie · ZH: 代言法 dàiyánfǎ) — figure faisant parler un absent, un mort, une chose ou une abstraction (« Ô Nuit, que me veux-tu ? »). Va au-delà de la personnification : elle prête non seulement des traits humains mais la parole.
  • Métonymie (EN: metonymy · DE: die Metonymie · ZH: 借代 jièdài, 转喻 zhuǎnyù) — désignation d’une réalité par un terme qui lui est lié par contiguïté logique (« boire un verre » pour le contenu, « lire un Zola » pour l’œuvre). S’oppose à la métaphore (analogie) : ici, rapport réel (contenant/contenu, auteur/œuvre, cause/effet).
  • Synecdoque (EN: synecdoche · DE: die Synekdoche · ZH: 提喻 tíyù) — variété de métonymie fondée sur un rapport d’inclusion : la partie pour le tout (« une voile » pour un navire) ou le tout pour la partie. Sous-catégorie de la métonymie, restreinte à l’inclusion.
  • Symbole (EN: symbol · DE: das Symbol · ZH: 象征 xiàngzhēng) — objet ou image concrète évoquant, par convention ou par analogie, une réalité abstraite (la colombe pour la paix, la balance pour la justice). Plus ouvert que l’allégorie, il n’est pas nécessairement personnifié ni systématique.
  • Hendiadys (hendiadyoin) (EN: hendiadys · DE: das Hendiadyoin · ZH: 二词一意 èr cí yī yì) — expression d’une idée unique par deux termes coordonnés au lieu d’un terme et son complément (« boire dans l’or et dans les coupes » pour « des coupes d’or »). À distinguer du zeugme, qui coordonne des termes hétérogènes.

Figures — opposition & insistance

  • Antithèse (EN: antithesis · DE: die Antithese · ZH: 对照 duìzhào, 对比 duìbǐ) — rapprochement de deux termes ou idées opposés dans une même structure (« Je vis, je meurs »). Oppose deux mots distincts, là où l’oxymore les fond en un seul syntagme contradictoire.
  • Oxymore (EN: oxymoron · DE: das Oxymoron · ZH: 矛盾修辞 máodùn xiūcí) — alliance de deux mots contradictoires dans un même syntagme (« obscure clarté », « soleil noir »). Antithèse condensée en une seule unité de sens.
  • Paradoxe (EN: paradox · DE: das Paradoxon · ZH: 悖论 bèilùn) — énoncé qui heurte l’opinion commune ou semble se contredire tout en visant une vérité (« Les vrais paradis sont les paradis qu’on a perdus »). À distinguer de l’oxymore, figure de mots, quand le paradoxe est une figure de pensée.
  • Antiphrase (EN: antiphrasis · DE: die Antiphrasis · ZH: 反语 fǎnyǔ) — dire le contraire de ce que l’on pense, principal support de l’ironie (« c’est du joli ! »). L’antiphrase est le procédé ; l’ironie, l’intention critique globale qu’il sert.
  • Chiasme (EN: chiasmus · DE: der Chiasmus · ZH: 交错法 jiāocuòfǎ) — croisement en miroir de termes selon un schéma AB / BA (« il faut manger pour vivre et non vivre pour manger »). L’antimétabole en est le cas où les mêmes mots reviennent inversés.
  • Antimétabole (EN: antimetabole · DE: die Antimetabole · ZH: 回环 huíhuán) — chiasme reprenant les mêmes mots dans l’ordre inverse pour renverser le sens (« On doit avoir de la mémoire… un menteur doit avoir bonne mémoire »). Cas particulier et strict du chiasme.
  • Parallélisme (EN: parallelism · DE: der Parallelismus · ZH: 排比 páibǐ) — reprise d’une même construction syntaxique dans deux segments successifs (« Rome n’est plus dans Rome, elle est toute où je suis »). Structure identique, contrairement au chiasme qui l’inverse.
  • Hyperbole (EN: hyperbole · DE: die Hyperbel · ZH: 夸张 kuāzhāng) — exagération expressive (« mourir de rire », « verser des torrents de larmes »). Amplifie ; opposée à la litote et à l’euphémisme qui atténuent.
  • Litote (EN: litotes, understatement · DE: die Litotes, die Untertreibung · ZH: 低调陈述 dīdiào chénshù) — dire moins pour suggérer plus, souvent par la négation du contraire (« Va, je ne te hais point » = je t’aime). À distinguer de l’euphémisme : la litote renforce le sens, l’euphémisme l’adoucit.
  • Euphémisme (EN: euphemism · DE: der Euphemismus · ZH: 委婉语 wěiwǎnyǔ) — atténuation d’une réalité brutale ou déplaisante (« il nous a quittés » pour « il est mort »). Adoucit, quand la litote suggère un sens fort sous une forme faible.
  • Gradation (EN: climax, gradation · DE: die Klimax, die Steigerung · ZH: 层递 céngdì) — succession de termes d’intensité croissante (ascendante) ou décroissante (« Va, cours, vole, et nous venge » ; « un roc, un pic, un cap, une péninsule »). Ordonne l’énumération selon une progression.
  • Anaphore (EN: anaphora · DE: die Anapher · ZH: 首语反复 shǒuyǔ fǎnfù) — reprise d’un même mot ou groupe en tête de segments ou de vers successifs (« Mon bras… Mon bras… »). Insiste par le début ; opposée à l’épiphore (reprise en fin).
  • Épiphore (EN: epiphora, epistrophe · DE: die Epipher · ZH: 尾语反复 wěiyǔ fǎnfù) — reprise d’un même mot en fin de segments successifs (figure inverse de l’anaphore). La symploque combine anaphore et épiphore (même début et même fin).
  • Épanadiplose (EN: epanadiplosis · DE: die Epanadiplose · ZH: 首尾同词 shǒuwěi tóngcí) — reprise du même mot en tête et en fin d’une même proposition, ou d’un même mot fermant une phrase et ouvrant la suivante (« L’enfant lisait, lisait l’enfant »). Effet d’encerclement, distinct de l’anaphore (début seul).
  • Anadiplose (EN: anadiplosis · DE: die Anadiplose · ZH: 顶真 dǐngzhēn) — reprise en tête d’un segment du mot qui terminait le précédent (« Il aperçut un chien. Un chien errant… »). Effet d’enchaînement, différent de l’épanadiplose (encadrement).
  • Polyptote (EN: polyptoton · DE: das Polyptoton · ZH: 同源异形反复 tóngyuán yìxíng fǎnfù) — reprise d’un même mot sous des formes grammaticales différentes (« Je nourris ma nourriture »). Joue sur la flexion, contrairement à l’antanaclase qui joue sur deux sens du même mot inchangé.
  • Accumulation (EN: accumulation · DE: die Akkumulation, die Häufung · ZH: 累积 lěijī) — énumération d’une série de termes de même nature créant un effet d’abondance ou de profusion. Simple juxtaposition, sans progression d’intensité (contrairement à la gradation).
  • Énumération (EN: enumeration · DE: die Aufzählung · ZH: 列举 lièjǔ) — liste de termes juxtaposés développant un ensemble ou un inventaire. Proche de l’accumulation, avec une visée souvent plus descriptive qu’expressive.
  • Asyndète / Polysyndète (EN: asyndeton / polysyndeton · DE: das Asyndeton / das Polysyndeton · ZH: 连词省略 liáncí shěnglüè / 连词叠用 liáncí diéyòng) — suppression des liens de coordination (asyndète : « Je suis venu, j’ai vu, j’ai vaincu ») ou, au contraire, multiplication des « et » (polysyndète). Deux effets de rythme opposés sur la liaison des termes.
  • Pléonasme (EN: pleonasm · DE: der Pleonasmus · ZH: 冗言 rǒngyán, 同义重复 tóngyì chóngfù) — redondance qui répète une information déjà contenue dans un autre mot (« monter en haut », « au jour d’aujourd’hui »). Fautif par maladresse, mais expressif quand voulu (« je l’ai vu de mes yeux »).
  • Répétition (EN: repetition · DE: die Wiederholung · ZH: 反复 fǎnfù) — reprise volontaire d’un mot ou d’un groupe pour insister. Terme générique dont anaphore, épiphore et épanadiplose sont des formes positionnées.
  • Prétérition (EN: preterition, paralipsis · DE: die Präteritio · ZH: 佯抑法 yángyìfǎ) — feindre de taire ce que l’on dit pourtant explicitement (« Je ne rappellerai pas ses trahisons… »). Affirme en prétendant s’en abstenir, à l’inverse de la réticence, qui interrompt vraiment le propos.
  • Hypallage (EN: hypallage, transferred epithet · DE: die Hypallage, das versetzte Epitheton · ZH: 移就 yíjiù) — attribution à un mot d’un trait qui appartient logiquement à un autre de la même phrase (« ce marchand accoudé sur son comptoir avide » : c’est le marchand qui est avide). Déplacement syntaxique, distinct de la métaphore.
  • Zeugme (attelage) (EN: zeugma, syllepsis · DE: das Zeugma · ZH: 拈连 niānlián, 轭式搭配 è shì dāpèi) — coordination d’un même mot à des termes de natures incompatibles, souvent un concret et un abstrait (« vêtu de probité candide et de lin blanc »). À distinguer de l’hendiadys : ici, rupture d’homogénéité recherchée.
  • Antanaclase (EN: antanaclasis · DE: die Antanaklasis · ZH: 同词异义 tóngcí yìyì) — reprise d’un même mot en deux sens différents (« Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point »). Le mot reste identique mais change de sens, contrairement au polyptote qui en change la forme.
  • Anacoluthe (EN: anacoluthon · DE: das Anakoluth · ZH: 破格句法 pògé jùfǎ) — rupture volontaire de la construction syntaxique attendue (« Le nez de Cléopâtre : s’il eût été plus court… »). Discontinuité de la phrase, distincte de l’ellipse (simple omission).

Figures — sonorités

  • Allitération (EN: alliteration · DE: die Alliteration · ZH: 头韵 tóuyùn) — répétition d’un même son consonantique (« Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ? »). Porte sur les consonnes ; l’assonance porte sur les voyelles.
  • Assonance (EN: assonance · DE: die Assonanz · ZH: 元音谐韵 yuányīn xiéyùn) — répétition d’un même son vocalique dans une phrase ou un vers (« Tout m’afflige et me nuit, et conspire à me nuire »). Voyelles, symétrique de l’allitération (consonnes).
  • Paronomase (EN: paronomasia, pun · DE: die Paronomasie · ZH: 谐音双关 xiéyīn shuāngguān) — rapprochement de mots aux sonorités proches mais de sens distincts (« qui se ressemble s’assemble », « traduttore, traditore »). Joue sur la quasi-homophonie, non sur la répétition d’un son isolé.
  • Harmonie imitative (EN: sound symbolism, imitative harmony · DE: die lautmalerische Harmonie · ZH: 拟声和谐 nǐshēng héxié) — sons choisis pour imiter ce qu’ils désignent (bruit, mouvement, vitesse). L’onomatopée en est le degré lexical (« tic-tac », « boum »).
  • Homéotéleute (EN: homeoteleuton · DE: das Homoioteleuton · ZH: 谐尾 xiéwěi) — répétition de sonorités finales identiques entre mots proches en prose (parenté de la rime hors du vers). Effet de rime interne à la phrase.
  • Cacophonie / Euphonie (EN: cacophony / euphony · DE: die Kakophonie / die Euphonie · ZH: 刺耳音 cì’ěryīn / 悦耳音 yuè’ěryīn) — enchaînement de sons rudes et désagréables (cacophonie) ou doux et harmonieux (euphonie). Jugement acoustique opposé sur la suite des sons.
  • Hiatus (EN: hiatus · DE: der Hiat · ZH: 元音相遇 yuányīn xiāngyù) — rencontre désagréable de deux voyelles, à la fin d’un mot et au début du suivant (« tu as été »). Évité par la versification classique ; défaut d’euphonie.

Versification

  • Vers (EN: verse, line · DE: der Vers · ZH: 诗行 shīháng) — unité rythmique du poème, généralement une ligne, mesurée en syllabes et close par une rime ou une cadence. S’oppose à la prose par le retour réglé à la ligne.
  • Prose (EN: prose · DE: die Prosa · ZH: 散文 sǎnwén) — forme d’écriture ordinaire, continue, sans contrainte de mètre ni de vers. Le poème en prose la travaille poétiquement sans la versifier.
  • Mètre (EN: metre · DE: das Metrum, das Versmaß · ZH: 格律 gélǜ) — mesure du vers, définie par son nombre de syllabes (le patron régulier). À distinguer du rythme, qui est la réalisation concrète, variable, des accents et des coupes sur ce mètre.
  • Rythme (EN: rhythm · DE: der Rhythmus · ZH: 节奏 jiézòu) — mouvement effectif du vers, produit par les accents, les coupes et les pauses. Le mètre est le cadre abstrait (12 syllabes) ; le rythme, son actualisation sensible et unique.
  • Syllabe (position métrique) (EN: syllable · DE: die Silbe · ZH: 音节 yīnjié) — unité comptée dans le vers pour en fixer la longueur. Le décompte dépend du « e » muet, de la diérèse et de la synérèse.
  • Pied (EN: metrical foot · DE: der Versfuß · ZH: 音步 yīnbù) — unité rythmique groupant syllabes accentuées et non accentuées (métrique antique et anglo-saxonne). Peu pertinent en français, qui compte les syllabes et non les pieds : ne pas dire « pied » pour « syllabe ».
  • Alexandrin (EN: alexandrine · DE: der Alexandriner · ZH: 亚历山大诗行 yàlìshāndà shīháng) — vers de douze syllabes, mètre majeur de la poésie française classique, coupé par une césure à l’hémistiche (6 // 6). L’alexandrin trimètre (romantique) le coupe en 4-4-4.
  • Décasyllabe / Octosyllabe (EN: decasyllable / octosyllable · DE: der Zehnsilber / der Achtsilber · ZH: 十音节诗行 shí yīnjié shīháng / 八音节诗行 bā yīnjié shīháng) — vers de dix / de huit syllabes. Le décasyllabe se coupe généralement 4//6, l’octosyllabe, sans césure fixe, est le vers narratif médiéval.
  • Hémistiche (EN: hemistich · DE: der Halbvers · ZH: 半行诗 bànháng shī) — chacune des deux moitiés de l’alexandrin, séparées par la césure. Désigne la moitié, non la coupe elle-même (qui est la césure).
  • Césure (EN: caesura · DE: die Zäsur · ZH: 中顿 zhōngdùn) — coupe principale et fixe à l’intérieur du vers (au milieu de l’alexandrin classique). Coupe métrique majeure, plus forte que la coupe secondaire.
  • Coupe (EN: cut, secondary pause · DE: der Einschnitt · ZH: 次顿 cìdùn) — pause secondaire rythmant l’intérieur du vers, après une syllabe accentuée. Plus mobile et plus faible que la césure.
  • Rime (EN: rhyme · DE: der Reim · ZH: 韵 yùn, 押韵 yāyùn) — retour d’un même son (au moins la dernière voyelle accentuée) en fin de vers ; se classe selon sa richesse et sa disposition. À distinguer de l’assonance, qui ne fait revenir que la voyelle, en poésie ancienne.
  • Rimes plates (suivies) (EN: rhyming couplets (AABB) · DE: der Paarreim · ZH: 连韵 liányùn) — disposition AABB. Dominent la poésie narrative et le théâtre classique.
  • Rimes croisées (EN: alternate/cross rhyme (ABAB) · DE: der Kreuzreim · ZH: 交韵 jiāoyùn) — disposition ABAB. Les rimes alternent.
  • Rimes embrassées (EN: enclosed rhyme (ABBA) · DE: der umarmende Reim · ZH: 抱韵 bàoyùn) — disposition ABBA. Une paire enveloppe l’autre.
  • Rime riche / suffisante / pauvre (EN: rich / sufficient / poor rhyme · DE: reicher / hinreichender / armer Reim · ZH: 富韵 fùyùn / 足韵 zúyùn / 贫韵 pínyùn) — selon le nombre de sons communs : trois et plus (riche), deux (suffisante), un seul, la voyelle finale (pauvre).
  • Rime féminine / masculine (EN: feminine / masculine rhyme · DE: weiblicher / männlicher Reim · ZH: 阴韵 yīnyùn / 阳韵 yángyùn) — se terminant par un « e » muet (féminine) ou non (masculine). Le classicisme impose l’alternance régulière des deux.
  • Rime interne (EN: internal rhyme · DE: der Binnenreim · ZH: 行内韵 hángnèi yùn) — rime placée à l’intérieur d’un vers, généralement à la césure, et non seulement à la fin. Enrichit la musique du vers.
  • Strophe (EN: stanza · DE: die Strophe · ZH: 诗节 shījié) — groupe de vers formant une unité rythmique et souvent syntaxique. Distique (2), tercet (3), quatrain (4), sizain (6), huitain (8), dizain (10).
  • Quatrain / Tercet (EN: quatrain / tercet · DE: der Vierzeiler / der Dreizeiler · ZH: 四行诗节 sìháng shījié / 三行诗节 sānháng shījié) — strophe de quatre vers / de trois vers. Deux quatrains et deux tercets composent le sonnet.
  • Terza rima (EN: terza rima · DE: die Terzine · ZH: 三行连锁韵 sānháng liánsuǒ yùn) — enchaînement de tercets aux rimes imbriquées ABA BCB CDC… (Dante, La Divine Comédie). La rime centrale d’un tercet annonce les rimes encadrantes du suivant.
  • Refrain (EN: refrain · DE: der Refrain, der Kehrreim · ZH: 叠句 diéjù, 副歌 fùgē) — vers ou groupe de vers revenant régulièrement, en particulier en fin de strophe (ballade, chanson). Structure la forme fixe par le retour.
  • Enjambement (EN: enjambment · DE: das Enjambement, der Zeilensprung · ZH: 跨行 kuàháng) — débordement de la phrase ou de la proposition d’un vers sur le suivant, sans pause forte à la rime. Terme générique dont le rejet et le contre-rejet sont des cas précis.
  • Rejet (EN: rejet, run-on word · DE: das Rejet · ZH: 跨行下承 kuàháng xiàchéng) — court élément syntaxique renvoyé au début du vers suivant, mis en valeur par ce déplacement (« … tombe / Le vieux Booz »). Le rejet arrive après la coupe ; le contre-rejet l’annonce.
  • Contre-rejet (EN: contre-rejet · DE: das Contre-rejet · ZH: 跨行上启 kuàháng shàngqǐ) — court élément annoncé en fin de vers et développé au vers suivant, créant une attente. Symétrique du rejet (avant / après la limite du vers).
  • Diérèse (EN: diaeresis · DE: die Diärese · ZH: 分音 fēnyīn) — prononciation en deux syllabes de voyelles habituellement liées, pour les besoins du compte (« li-on », « pri-er »). Ajoute une syllabe ; opposée à la synérèse.
  • Synérèse (EN: synaeresis · DE: die Synärese · ZH: 合音 héyīn) — prononciation en une seule syllabe de deux voyelles contiguës (« hier », « lion » dit en une syllabe). Contracte ; symétrique inverse de la diérèse.
  • Vers libre (EN: free verse · DE: der freie Vers · ZH: 自由诗 zìyóushī) — vers affranchi du mètre régulier et de la rime, cadencé librement mais gardant le retour à la ligne (Rimbaud, Apollinaire). Se distingue du poème en prose, qui abandonne le vers.
  • Acrostiche (EN: acrostic · DE: das Akrostichon · ZH: 藏头诗 cángtóushī) — poème dont les initiales des vers, lues verticalement, forment un mot ou un nom. Jeu de disposition, comme le calligramme mais sans figuration graphique.
  • Calligramme (EN: calligram · DE: das Kalligramm · ZH: 图形诗 túxíngshī) — poème dont la disposition typographique dessine son sujet (Apollinaire, Calligrammes). Fait voir le sens par la forme visuelle du texte.

Style & énonciation

  • Registre (tonalité) (EN: register, tone · DE: der Ton, die Tonlage · ZH: 情调 qíngdiào, 语调 yǔdiào) — coloration affective d’un texte visant un effet précis sur le lecteur (émouvoir, faire rire, effrayer). À ne pas confondre avec le registre de langue (soutenu/courant/familier), qui est un niveau d’expression, ni avec le genre, qui est une catégorie de textes.
  • Registre tragique (EN: tragic register · DE: der tragische Ton · ZH: 悲剧色彩 bēijù sècǎi) — met en scène un destin funeste et inéluctable, suscitant terreur et pitié (fatalité, mort, impuissance).
  • Registre comique (EN: comic register · DE: der komische Ton · ZH: 喜剧色彩 xǐjù sècǎi) — vise le rire par le décalage, l’exagération, la répétition, le quiproquo ou les mots. Distinct de l’ironie, qui raille par un sens caché plus que par le rire franc.
  • Registre pathétique (EN: pathetic register · DE: der pathetische Ton · ZH: 悲怆色彩 bēichuàng sècǎi) — cherche à émouvoir, à faire naître la compassion pour la souffrance d’un personnage. Diffère du tragique : le pathétique émeut sans supposer la fatalité.
  • Registre ironique (EN: ironic register · DE: der ironische Ton · ZH: 反讽色彩 fǎnfěng sècǎi) — dit le contraire de ce qu’il pense, ou feint l’adhésion, pour critiquer avec distance. Repose souvent sur l’antiphrase.
  • Registre lyrique (EN: lyric register · DE: der lyrische Ton · ZH: 抒情色彩 shūqíng sècǎi) — expression exaltée des sentiments personnels (amour, deuil, nature, fuite du temps), marquée par la première personne et les exclamations.
  • Registre épique (EN: epic register · DE: der epische Ton · ZH: 史诗色彩 shǐshī sècǎi) — amplifie l’action et les héros par l’hyperbole, le pluriel, le merveilleux et le mouvement collectif.
  • Registre satirique (EN: satirical register · DE: der satirische Ton · ZH: 讽刺色彩 fěngcì sècǎi) — raille et dénonce les défauts d’une personne ou d’une société pour les corriger. Combine souvent comique et polémique.
  • Registre fantastique (EN: fantastic, uncanny register · DE: der fantastische Ton · ZH: 怪诞色彩 guàidàn sècǎi) — installe le doute entre explication rationnelle et surnaturelle, sans trancher (Maupassant, Le Horla). S’oppose au merveilleux, où le surnaturel est admis sans trouble.
  • Registre merveilleux (EN: marvellous register · DE: das Wunderbare · ZH: 神奇色彩 shénqí sècǎi) — le surnaturel y est donné comme naturel et accepté sans étonnement (contes de fées, fées, ogres). Contraire du fantastique, qui repose sur l’hésitation.
  • Registre polémique (EN: polemical register · DE: der polemische Ton · ZH: 论战色彩 lùnzhàn sècǎi) — attaque vivement une thèse ou un adversaire, avec véhémence et prise à partie. Plus frontal que le satirique, qui passe par la moquerie.
  • Registre didactique (EN: didactic register · DE: der didaktische Ton · ZH: 说教色彩 shuōjiào sècǎi) — cherche à instruire, à transmettre un savoir ou une leçon de façon claire et ordonnée.
  • Champ lexical (EN: lexical field · DE: das Wortfeld · ZH: 词汇场 cíhuìchǎng) — ensemble de mots d’un texte se rapportant à une même notion (le champ lexical de la mort). Concerne plusieurs mots autour d’un thème ; à ne pas confondre avec le champ sémantique (les sens d’un seul mot).
  • Champ sémantique (EN: semantic field · DE: das Bedeutungsfeld · ZH: 语义场 yǔyìchǎng) — ensemble des sens qu’un même mot peut prendre selon les contextes. Porte sur un mot et ses acceptions, contrairement au champ lexical (plusieurs mots, un thème).
  • Isotopie (EN: isotopy · DE: die Isotopie · ZH: 语义同位 yǔyì tóngwèi) — récurrence de sèmes ou de mots d’un même champ qui assure la cohérence thématique d’un texte et oriente sa lecture. Notion sémiotique (Greimas), plus abstraite que le champ lexical qu’elle peut recouper.
  • Connotation (EN: connotation · DE: die Konnotation · ZH: 内涵义 nèihányì) — sens second, affectif, culturel ou symbolique, qui s’ajoute au sens propre d’un mot (« la mer » connotant l’infini, la liberté). S’oppose à la dénotation.
  • Dénotation (EN: denotation · DE: die Denotation · ZH: 外延义 wàiyányì) — sens premier, neutre et objectif d’un mot (celui du dictionnaire). Socle stable sur lequel se greffent les connotations.
  • Énonciation (EN: enunciation, act of utterance · DE: die Äußerung, die Enunziation · ZH: 言说行为 yánshuō xíngwéi) — acte de production de l’énoncé, repérable à ses marques de personne, de temps et de lieu (déictiques). À distinguer de l’énoncé, qui est le résultat produit.
  • Deixis (EN: deixis · DE: die Deixis · ZH: 指示 zhǐshì) — ensemble des marques (déictiques) renvoyant à la situation d’énonciation : « je », « ici », « maintenant », « ceci ». Leur sens dépend du contexte d’énonciation.
  • Discours / Récit (Benveniste) (EN: discourse / narrative · DE: der Diskurs / die Erzählung · ZH: 话语 huàyǔ / 叙事 xùshì) — deux plans d’énonciation : le discours ancré dans le « je-ici-maintenant » (présent, 1re/2e pers.), le récit coupé de la situation (passé simple, 3e pers.). Distinction énonciative, non narrative.
  • Modalisation (EN: modalization · DE: die Modalisierung · ZH: 情态化 qíngtàihuà) — marques par lesquelles l’énonciateur exprime son jugement ou son degré de certitude (adverbes, conditionnel, verbes d’opinion). Révèle la subjectivité dans l’énoncé.
  • Discours direct (EN: direct speech · DE: die direkte Rede · ZH: 直接引语 zhíjiē yǐnyǔ) — paroles rapportées telles quelles, entre guillemets, avec verbe introducteur (« Il dit : “Je pars.” »). Restitue l’énonciation d’origine.
  • Discours indirect (EN: indirect, reported speech · DE: die indirekte Rede · ZH: 间接引语 jiànjiē yǐnyǔ) — paroles rapportées intégrées à la narration par une subordonnée, avec transposition des temps et personnes (« Il dit qu’il partait »). Perd guillemets et immédiateté du direct.
  • Discours indirect libre (EN: free indirect speech · DE: die erlebte Rede · ZH: 自由间接引语 zìyóu jiànjiē yǐnyǔ) — paroles ou pensées fondues dans le récit, sans subordination ni guillemets (Flaubert). Mêle la voix du personnage à celle du narrateur, contrairement à l’indirect franchement subordonné.
  • Monologue (EN: monologue · DE: der Monolog · ZH: 独白 dúbái) — au théâtre, longue réplique d’un personnage seul en scène, qui pense à voix haute. À distinguer de la tirade (adressée à un interlocuteur présent) et de l’aparté (bref, à l’insu des autres).
  • Monologue intérieur (EN: interior monologue, stream of consciousness · DE: der innere Monolog · ZH: 内心独白 nèixīn dúbái) — restitution du flux des pensées d’un personnage, tel qu’il se déroule, souvent sans ponctuation logique (Joyce). Technique romanesque, distincte du monologue théâtral (dit à voix haute et structuré).
  • Soliloque (EN: soliloquy · DE: das Selbstgespräch · ZH: 自言自语 zìyán zìyǔ) — discours qu’un personnage se tient à lui-même, sans destinataire ni construction rhétorique du monologue. Parole solitaire, plus décousue que le monologue.
  • Didascalie (EN: stage direction · DE: die Regieanweisung · ZH: 舞台提示 wǔtái tíshì) — indication scénique donnée par l’auteur d’une pièce (décor, entrées, jeu, ton), hors du dialogue. Seul énoncé du texte théâtral non destiné à être prononcé.
  • Stichomythie (EN: stichomythia · DE: die Stichomythie · ZH: 行行对答 hángháng duìdá) — dialogue théâtral en répliques très brèves et symétriques (souvent vers à vers), marquant la tension ou l’affrontement. S’oppose à la tirade par sa brièveté et son échange rapide.
  • Tirade (EN: tirade, long speech · DE: die Tirade · ZH: 长篇台词 chángpiān táicí) — longue réplique ininterrompue d’un personnage, adressée à un interlocuteur présent. Se distingue du monologue (personnage seul) par la présence d’un destinataire sur scène.
  • Aparté (EN: aside · DE: das Beiseitesprechen · ZH: 旁白 pángbái) — parole qu’un personnage dit à part, censée n’être entendue que du spectateur et non des autres personnages. Bref, à l’insu des présents, contrairement à la tirade.
  • Description (EN: description · DE: die Beschreibung · ZH: 描写 miáoxiě) — passage qui donne à voir un lieu, un objet ou un être, suspendant l’action (pause). S’oppose à la narration, qui rapporte des événements.
  • Portrait (EN: portrait, character description · DE: das Porträt, die Personenbeschreibung · ZH: 人物描写 rénwù miáoxiě) — description physique (portrait en pied) et morale d’un personnage. Cas particulier de la description, appliqué à un être.
  • Ekphrasis (EN: ekphrasis · DE: die Ekphrasis · ZH: 艺格敷词 yìgé fūcí) — description détaillée et vivante d’une œuvre d’art (tableau, statue, bouclier) insérée dans un texte. Sous-genre de la description, tourné vers l’objet artistique.
  • Hypotypose (EN: hypotyposis, vivid description · DE: die Hypotypose · ZH: 活现描写 huóxiàn miáoxiě) — description si vive et animée qu’elle donne l’illusion d’assister à la scène (« On croyait le voir »). Descriptive dans l’effet mais dynamique, elle vise le tableau vivant, non l’inventaire statique.

Théâtre — dramaturgie

  • Règle des trois unités (EN: the three unities · DE: die drei Einheiten · ZH: 三一律 sānyīlǜ) — contrainte classique : une seule action (unité d’action), en un seul lieu (unité de lieu), en une seule journée (unité de temps, 24 h). Vise la vraisemblance et la concentration de l’intérêt.
  • Bienséance (EN: decorum, propriety · DE: die Schicklichkeit · ZH: 得体规范 détǐ guīfàn) — règle classique interdisant de montrer sur scène ce qui choquerait (violence, mort, sang), reporté dans le récit. Complète la vraisemblance dans la dramaturgie classique.
  • Vraisemblance (EN: verisimilitude · DE: die Wahrscheinlichkeit · ZH: 逼真 bīzhēn, 可信性 kěxìnxìng) — exigence que l’action paraisse crédible au spectateur, selon les normes admises. Ne se confond pas avec le vrai : il s’agit du crédible, non du réel.
  • Exposition (EN: exposition · DE: die Exposition · ZH: 开端 kāiduān) — première partie de la pièce qui informe le spectateur (personnages, situation, enjeux). L’incipit du texte théâtral, à distinguer du nœud qui suit.
  • Nœud (EN: complication, knot · DE: der Knoten, die Verwicklung · ZH: 纠葛 jiūgé) — moment où les tensions et obstacles se nouent et bloquent l’action, avant la crise. Cœur dramatique entre exposition et dénouement.
  • Coup de théâtre (EN: coup de théâtre, sudden turn · DE: die überraschende Wendung · ZH: 戏剧突变 xìjù tūbiàn) — retournement soudain et spectaculaire de la situation. Forme intensifiée de la péripétie, marquée par la surprise.
  • Deus ex machina (EN: deus ex machina · DE: der Deus ex machina · ZH: 解围之神 jiěwéi zhī shén) — dénouement artificiel par l’intervention inattendue d’une force extérieure (dieu, héritage, lettre providentielle) qui résout tout. Procédé souvent jugé peu vraisemblable, à l’opposé d’un dénouement préparé.
  • Catastrophe (EN: catastrophe · DE: die Katastrophe · ZH: 悲剧收场 bēijù shōuchǎng) — dénouement de la tragédie, marqué par le malheur final (mort, chute du héros). Terme technique du théâtre classique pour la résolution funeste.
  • Double énonciation (EN: double enunciation, dual address · DE: die doppelte Adressierung · ZH: 双重表述 shuāngchóng biǎoshù) — propriété du théâtre : tout personnage parle à la fois à un autre personnage et, à travers lui, au spectateur. Fonde l’aparté et l’ironie dramatique.
  • Ironie dramatique (tragique) (EN: dramatic, tragic irony · DE: die dramatische Ironie · ZH: 戏剧反讽 xìjù fǎnfěng) — situation où le spectateur sait ce qu’un personnage ignore, donnant un sens second à ses paroles (Œdipe). À distinguer du quiproquo, qui est une méprise entre personnages.

Théorie & critique

  • Intertextualité (EN: intertextuality · DE: die Intertextualität · ZH: 互文性 hùwénxìng) — présence, dans un texte, d’autres textes par citation, allusion, reprise ou parodie (Kristeva). Notion englobante ; Genette la précise en transtextualité (paratexte, hypertextualité…).
  • Hypertexte / Hypotexte (EN: hypertext / hypotext · DE: der Hypertext / der Hypotext · ZH: 超文本 chāowénběn / 底文本 dǐwénběn) — texte dérivé (hypertexte, l’Ulysse de Joyce) et texte source dont il dérive (hypotexte, l’Odyssée), chez Genette. Le lien de dérivation s’appelle hypertextualité.
  • Palimpseste (EN: palimpsest · DE: der Palimpsest · ZH: 重写本 chóngxiěběn) — image de Genette pour le texte qui s’écrit sur un autre partiellement effacé mais encore lisible ; métaphore de l’hypertextualité. Rappelle qu’un texte se lit à travers ses modèles.
  • Paratexte (EN: paratext · DE: der Paratext · ZH: 副文本 fùwénběn) — éléments entourant et présentant le texte (titre, préface, notes, dédicace, quatrième de couverture, nom d’auteur). Seuil du texte (Genette), à distinguer de l’intertexte (autres textes cités).
  • Pastiche (EN: pastiche · DE: die Stilnachahmung, der Pastiche · ZH: 仿作 fǎngzuò) — imitation du style d’un auteur ou d’un genre, sans intention de moquerie (Proust, pastiches). À distinguer de la parodie : le pastiche imite la manière, la parodie détourne l’œuvre pour railler.
  • Parodie (EN: parody · DE: die Parodie · ZH: 戏仿 xìfǎng) — imitation déformante et le plus souvent comique d’une œuvre précise ou d’un genre, à des fins de raillerie. Vise une œuvre ; le pastiche vise un style.
  • Topos (EN: topos, commonplace · DE: der Topos, der Gemeinplatz · ZH: 母题 mǔtí) — motif ou lieu commun récurrent dans la tradition littéraire (le carpe diem, le locus amoenus, la rencontre amoureuse). Pluriel : topoï. À distinguer du cliché, expression figée et dévalorisée.
  • Canon (EN: canon · DE: der Kanon · ZH: 经典 jīngdiǎn, 正典 zhèngdiǎn) — ensemble des œuvres reconnues comme majeures et transmises par une tradition ou une institution. Sélection normative, historiquement variable.
  • Mimésis (EN: mimesis · DE: die Mimesis, die Nachahmung · ZH: 模仿 mófǎng) — représentation, imitation du réel par l’œuvre (notion héritée d’Aristote, Poétique). S’oppose chez Platon à la diégésis (récit pur, sans imitation des voix).
  • Catharsis (EN: catharsis · DE: die Katharsis · ZH: 净化 jìnghuà) — purgation ou purification des passions (terreur et pitié) que la tragédie produit chez le spectateur (Aristote). Effet visé par le registre tragique.
  • Vraisemblable / Bienséant (poétique classique) (EN: verisimilitude / decorum · DE: das Wahrscheinliche / das Schickliche · ZH: 逼真 bīzhēn / 得体 détǐ) — le texte doit paraître crédible (vraisemblable) et respecter les convenances morales et sociales (bienséant). Piliers de la doctrine classique, distincts de la vérité historique.
  • Fonction poétique (Jakobson) (EN: poetic function · DE: die poetische Funktion · ZH: 诗性功能 shīxìng gōngnéng) — fonction du langage centrée sur le message lui-même, sa forme et ses sonorités, plutôt que sur ce qu’il désigne. Définit le « littéraire » par le travail du signifiant.
  • Structuralisme (EN: structuralism · DE: der Strukturalismus · ZH: 结构主义 jiégòu zhǔyì) — approche analysant le texte comme un système de relations internes, indépendamment de l’auteur et du contexte (Barthes, Genette). Radicalise le formalisme en système.
  • Formalisme (EN: formalism · DE: der Formalismus · ZH: 形式主义 xíngshì zhǔyì) — courant (formalistes russes) centrant l’analyse sur la forme, les procédés et la « littérarité » propres au texte. Ancêtre du structuralisme.
  • Herméneutique (EN: hermeneutics · DE: die Hermeneutik · ZH: 阐释学 chǎnshìxué, 诠释学 quánshìxué) — théorie et pratique de l’interprétation du sens des textes (Ricœur, Gadamer). Cherche le sens et sa compréhension, là où le structuralisme décrit des structures.
  • Esthétique de la réception (EN: reception aesthetics, reader-response · DE: die Rezeptionsästhetik · ZH: 接受美学 jiēshòu měixué) — approche étudiant l’œuvre à partir de la lecture, de l’interprétation et de l’attente du public (Jauss, école de Constance). Déplace l’analyse de l’auteur vers le lecteur.
  • Horizon d’attente (EN: horizon of expectations · DE: der Erwartungshorizont · ZH: 期待视野 qīdài shìyě) — ensemble des attentes du lecteur, forgées par son époque, ses codes et ses lectures antérieures (Jauss). Une œuvre neuve se mesure à l’écart qu’elle creuse avec cet horizon.
  • Sémiotique / Sémiologie (EN: semiotics / semiology · DE: die Semiotik / die Semiologie · ZH: 符号学 fúhàoxué) — étude des signes et de la production du sens dans les textes et au-delà (Saussure, Barthes, Greimas). L’isotopie et le schéma actantiel en relèvent.
  • Stylistique (EN: stylistics · DE: die Stilistik · ZH: 文体学 wéntǐxué) — étude des choix d’expression et des effets propres à un texte ou à un auteur. Analyse le « comment », en aval de la rhétorique (les procédés) et de la poétique (les genres).
  • Narratologie (EN: narratology · DE: die Narratologie, die Erzähltheorie · ZH: 叙事学 xùshìxué) — théorie du récit et de ses mécanismes : temps (ordre, durée, fréquence), voix (qui parle) et mode (qui perçoit), notamment chez Genette. Cadre des notions de focalisation, analepse, diégèse.
  • Genre littéraire (EN: literary genre · DE: die literarische Gattung · ZH: 文学体裁 wénxué tǐcái) — catégorie regroupant des œuvres selon des traits de forme et de contenu partagés (roman, tragédie, sonnet). À distinguer du registre (effet, tonalité) et du mouvement (courant historique).
  • Mouvement littéraire (EN: literary movement · DE: die literarische Strömung, die Epoche · ZH: 文学流派 wénxué liúpài) — ensemble d’auteurs et d’œuvres partageant, à une époque, une esthétique et des idées communes (classicisme, romantisme, surréalisme). Notion historique, distincte du genre (forme) et du registre (tonalité).
  • Registre de langue (EN: register, level of language · DE: das Sprachregister, die Sprachebene · ZH: 语域 yǔyù) — niveau d’expression (soutenu, courant, familier, voire argotique) adapté à une situation. À ne pas confondre avec le registre-tonalité (tragique, comique…), qui concerne l’effet visé.
  • Auteur implicite / Lecteur implicite (EN: implied author / implied reader · DE: der implizite Autor / der implizite Leser · ZH: 隐含作者 yǐnhán zuòzhě / 隐含读者 yǐnhán dúzhě) — image de l’auteur et du lecteur construite par le texte lui-même (Booth, Eco). L’auteur implicite se distingue de l’auteur réel comme du narrateur.
  • Champ littéraire (Bourdieu) (EN: literary field · DE: das literarische Feld · ZH: 文学场 wénxuéchǎng) — espace social des positions et rivalités entre auteurs, éditeurs et instances de légitimation. Réinscrit l’œuvre dans les rapports de force du monde littéraire.

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