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Robinson Crusoé

Seul sur une île, reconstruire une civilisation — le mythe de l'homme occidental, de la débrouille héroïque… et du maître colonial. ⭐ Le naufragé de l'île déserte.

Seul sur une île, reconstruire une civilisation — le mythe de l’homme occidental, de la débrouille héroïque… et du maître colonial.

Le naufragé de l’île déserte. Robinson Crusoé (Daniel Defoe, 1719) est l’un des premiers grands ROMANS anglais. Il raconte un marin naufragé, seul survivant sur une île déserte, qui SURVIT et RECONSTRUIT peu à peu une vie « civilisée » (cultiver, bâtir, domestiquer) pendant 28 ans, avant de « sauver » et de prendre à son service un indigène qu’il nomme Vendredi.

🔑 Le mythe de l’homo economicus. 🔑 Robinson est devenu un MYTHE occidental : l’homme seul qui, par le TRAVAIL, la raison et l’ingéniosité, dompte la nature et recrée la civilisation à partir de rien. Il incarne les valeurs de son époque : l’individu entreprenant, le travail, la propriété, le protestantisme, la foi dans le PROGRÈS. Marx et les économistes l’ont pris comme figure de l’homo economicus (l’individu rationnel calculateur). D’innombrables « robinsonnades » ont suivi (cf. Le Bildungsroman).

⚠️ Esprit critique. (1) Le récit colonial par excellence : la relation Robinson/Vendredi (le Blanc civilisé « maître », l’indigène « sauvage » à christianiser et servir) est une ALLÉGORIE du colonialisme et de sa justification. Le roman a été relu et RÉÉCRIT dans cette optique critique (Tournier, Vendredi, inverse le rapport). Cf. Les Amérindiens. 🔑 (2) L’individu vraiment « seul » ? Robinson « recommence à zéro » — mais il utilise tout le SAVOIR de sa civilisation (outils, techniques, langue, religion). Le mythe de l’individu autosuffisant occulte notre dépendance totale au collectif et à l’héritage (cf. L’Individualisme).

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