Remplacer un organe défaillant par celui d’un autre — l’un des plus grands exploits médicaux, qui pose des questions vertigineuses sur le don, la mort et l’identité.
⭐ Réparer avec les organes d’autrui. La greffe (transplantation) consiste à remplacer un organe malade (rein, foie, cœur, poumon, cornée…) par un organe sain provenant d’un donneur — soit décédé (en état de mort encéphalique), soit vivant (pour un rein ou un morceau de foie, qui repousse). La première greffe de rein réussie date de 1954 (entre jumeaux) ; la première greffe de cœur, par Christiaan Barnard, de 1967. Aujourd’hui, des dizaines de milliers de vies sont sauvées chaque année.
🔑 Le défi du rejet. 🔑 L’obstacle majeur : le système immunitaire du receveur reconnaît l’organe greffé comme ÉTRANGER et l’attaque (le rejet). La greffe n’est devenue possible qu’avec les immunosuppresseurs — des médicaments (comme la ciclosporine, découverte dans un champignon) qui « bride » l’immunité pour qu’elle tolère l’organe. Le greffé doit les prendre à VIE, au prix d’une vulnérabilité accrue aux infections. Tout l’art est d’équilibrer : assez pour éviter le rejet, pas trop pour ne pas s’exposer.
⚠️ Esprit critique. (1) La pénurie tue : il y a bien plus de malades en attente que d’organes disponibles — des gens meurent faute de greffon. D’où les débats sur le consentement au don (présumé, comme en France — « qui ne dit mot consent » — ou explicite ?), et les dérives : trafic d’organes, « tourisme de la transplantation » exploitant les pauvres des pays du Sud. Un enjeu éthique majeur où la vie des uns dépend de la mort et de la générosité des autres. 🔑 (2) La greffe a forcé à REDÉFINIR LA MORT : le critère de « mort encéphalique » (cerveau détruit, mais organes maintenus fonctionnels par machine) a été établi en 1968 — précisément quand on a eu besoin d’organes « encore chauds ». Utile et légitime, mais cela montre qu’une définition de la mort est aussi une DÉCISION sociale, pas un simple fait (cf. §5). (3) Question d’identité : recevoir le cœur ou le visage d’un autre bouleverse le rapport à soi (« suis-je encore tout à fait moi ? »). Les greffés décrivent parfois un travail psychologique intense d’acceptation. La greffe touche au symbolique autant qu’au biologique — un fragment d’autrui vit en soi.
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- L'Anesthésie Médecine
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- L'Hématologie Médecine
- La Néphrologie Médecine
- La Chirurgie cardiaque Médecine