Un mot flou, tour à tour revendication militante et épouvantail polémique.
⭐ L’essentiel. Le wokisme est un terme, aujourd’hui surtout polémique, qui désigne de manière large les courants de justice sociale attentifs aux discriminations (racisme, sexisme, LGBTphobies). Le mot vient de l’anglais « woke » (« éveillé », « conscient »), issu de l’argot afro-américain et popularisé dans les années 2010 par des mouvements comme Black Lives Matter, au sens d’être alerte aux injustices.
🔑 Histoire. À l’origine auto-désignation militante positive, le terme s’est retourné. À partir de la fin des années 2010, il est massivement employé par ses adversaires comme repoussoir, pour dénoncer une supposée dérive « identitaire », le « politiquement correct » ou la cancel culture. Il agrège des références disparates : études postcoloniales, féminisme intersectionnel, théories du genre. Rares sont ceux qui se revendiquent aujourd’hui « wokes ».
⚠️ Esprit critique. (1) C’est un mot-valise aux usages opposés : quasi personne ne s’en réclame, mais beaucoup l’emploient pour disqualifier l’adversaire ; il faut donc toujours préciser qui parle et de quoi. 🔑 (2) À manier avec distance : sa charge polémique en fait un outil rhétorique plus qu’un concept analytique rigoureux. (Cf. Marxisme et Luttes Identitaires.)