Analyse critique — Causerie Adomeos op.3
💬 L’idée avancée
Un QI élevé ne protège pas des biais cognitifs : les « sachants » se trompent aussi. Exemple avancé : avant l’expérience de Milgram, les experts prédisaient que presque personne n’irait au bout des décharges électriques — et ils se sont lourdement trompés.
⚖️ Contre-arguments
- Le QI n’est pas censé mesurer la rationalité : l’argument vise en partie une cible qu’il se construit.
- L’échec de prédiction des experts sur Milgram ne signifie pas qu’ils se trompent en général.
- Milgram lui-même a été critiqué méthodologiquement, ce qui fragilise l’exemple.
🔬 Vérification des faits
Verdict : ✅ confirmé, avec nuances. Il est vrai qu’un haut QI ne protège pas des biais : Keith Stanovich a précisément forgé le concept de « dysrationalité » pour désigner l’écart entre intelligence mesurée et pensée rationnelle. Sur Milgram (1963) : environ 65 % des sujets sont allés jusqu’à 450 volts, alors que les psychiatres consultés prédisaient qu’une infime minorité irait au bout (de l’ordre de 0,1 à 1 %). La vidéo cite « 5 % » — chiffre légèrement différent mais du même ordre d’idée, l’argument tient. Nuance : l’étude de Milgram a fait l’objet de sérieuses critiques méthodologiques (forte variabilité selon les conditions expérimentales, doutes éthiques, réanalyses des archives). L’exemple illustre bien le propos, mais n’est pas une démonstration parfaite.