Sport → Le meilleur skimboarder de flatland au monde — d’un sport qui n’a pas de championnat du monde
1. L’essentiel
Franco-malgache, né vers 1995 à Lagny-sur-Marne (Seine-et-Marne, banlieue est de Paris). Surnom : « Razzamatazz ». Spécialiste du skimboard de FLATLAND (eau plate, modules) — la discipline la plus proche du skate et du wakeskate. Il vit entre ROTTERDAM et TAIPEI. (Son spot d’entraînement historique : le Zevenhuizerplas, près de Rotterdam — un plan d’eau médiocre que lui et son ami Luke Dirks retapaient à la pelle avant chaque session.)
2. L’origine (une anecdote parfaite)
En 2007, son cousin achète une planche de supermarché à 20 dollars pendant des vacances d’été en France, et l’emmène sur la pire plage possible — boueuse et caillouteuse.
« Malgré le spot atroce, je me suis éclaté ce jour-là. » Rentré chez lui, il cherche ce que font les pros. Il est accroché. Il s’inscrit sur un forum en ligne (« les réseaux sociaux de l’époque »), découvre qu’il existe une communauté aux Pays-Bas, et prend un cours avec l’ex-pro californien Adam Hayward. 👉 Il a commencé par le skim de VAGUE (sur une planche en fibre Roush Creations) — et n’est passé au flatland que parce que les vagues de sa région étaient mauvaises. L’histoire d’une contrainte devenue signature.
3. Le palmarès (et ⚠️ LE POINT CRITIQUE)
Il a remporté QUATRE fois la European Skimboarding Cup : 2014, 2015, 2016 et 2019.
⚠️ LA PRESSE FRANÇAISE LE PRÉSENTE SYSTÉMATIQUEMENT COMME « QUADRUPLE CHAMPION DU MONDE ». C’EST UN RACCOURCI. Ses quatre titres sont EUROPÉENS. Et pour cause : il n’existe PAS de championnat du monde de flatland skim. Raza le dit lui-même : « Je ne pense pas que le flatland soit prêt pour un vrai world tour. Le sport doit d’abord grandir. »
👉 Et voici pourquoi ça n’enlève rien — au contraire. La formule exacte n’est pas « champion du monde » (un titre), c’est « considéré comme le meilleur flatlander du monde » (un jugement de la communauté). C’est une affirmation plus forte, pas plus faible — mais elle n’est pas homologuée par un organisme. Le décalage est instructif : les médias ont besoin d’un TITRE parce qu’un titre est un raccourci lisible. Le sport, lui, n’a pas les institutions qui le délivreraient. Voir L’Esprit Critique, Le Charisme.
4. Ce qu’il a réellement apporté : LE SKIM DE RUE
Son vrai geste n’est pas d’avoir gagné, c’est d’avoir DÉPLACÉ LE TERRAIN. Il sort le skimboard de la plage et des piscines à skim pour l’emmener sur :
- le miroir d’eau de Bordeaux (le plus grand du monde, ~3 450 m²) ;
- le Salar de Uyuni (Bolivie) — le plus grand désert de sel du monde, qui devient en saison humide un miroir de 10 000 km² ;
- des rivières (la Virgin River, Utah), des rues inondées, des obstacles naturels.
📖 Sa thèse : « On ride les mêmes spots, les mêmes ramps et les mêmes tricks depuis bien trop longtemps. Le skimboard est déjà extrêmement versatile — si on amplifie ça, il explosera. » Et : « Le VRAI skimboard n’en est qu’à ses débuts. » (Il reçoit chaque jour des commentaires du type « mon Dieu, on peut faire un ollie sur un skimboard ?! » — alors que les riders en font depuis des décennies.)
👉 Il a compris que le problème de son sport n’était pas la performance mais la VISIBILITÉ — et que le terrain de jeu était le meilleur outil de communication. Une planche sur un désert de sel, c’est une image ; un trick de plus sur une rampe, non.
5. L’honnêteté (rare, et précieuse)
Interrogé sur la possibilité de vivre du skimboard, il refuse le mythe :
« La réponse courte est : un peu. Compter uniquement sur les sponsors classiques et les prize money, ça ne suffit pas — même pas de loin. […] Aujourd’hui, il est quasi impossible de vivre du seul skimboard. » Il vit d’un cumul : marketing dans l’industrie du skim, vidéo, photo, et « d’autres boulots pendant la basse saison ». 👉 ⭐ C’est l’exact contraire du storytelling habituel du sportif extrême (« suis ta passion, l’argent suivra »). Raza dit : la passion suit — l’argent, il faut aller le chercher ailleurs, en morceaux. Et il ajoute que tous ces « à-côtés » sont aussi amusants que le skim lui-même, donc qu’il les compte dedans. Voir Le Locus de Contrôle, Oussama Ammar.
Dimension symbolique
- La figure du champion SANS INSTITUTION. Il est au sommet d’une pyramide qui n’a pas de sommet officiel. Que vaut l’excellence quand aucune fédération ne la certifie ? 👉 Raza montre que la reconnaissance peut être communautaire avant d’être institutionnelle — et que les médias, faute de comprendre, fabriquent un titre qui n’existe pas pour pouvoir en parler.
- L’innovation naît de la CONTRAINTE. Il fait du flatland parce que ses vagues étaient nulles ; il ride des flaques parce qu’il n’a pas d’océan ; il filme des déserts de sel parce qu’il n’a pas de circuit mondial. Chaque limite est devenue une signature.
À retenir
Franco-malgache né vers 1995 à Lagny-sur-Marne, spécialiste du skimboard de FLATLAND (eau plate, modules — la discipline proche du skate). Il vit entre Rotterdam et Taipei. Il a commencé en 2007 avec la planche de supermarché à 20 dollars de son cousin, sur une plage boueuse et caillouteuse — « malgré le spot atroce, je me suis éclaté ». ⚠️ LE POINT CRITIQUE : la presse française le dit « quadruple champion du monde ». C’EST FAUX au sens strict — ses 4 titres (2014, 2015, 2016, 2019) sont ceux de l’European Skimboarding Cup, et surtout IL N’EXISTE PAS de championnat du monde de flatland (il le dit lui-même : « le flatland n’est pas prêt pour un world tour »). Mais cela n’enlève rien : la formule juste est « considéré comme le MEILLEUR FLATLANDER DU MONDE » — un jugement de la communauté, plus fort qu’un titre, mais non homologué. Le décalage est instructif : les médias fabriquent un titre qui n’existe pas parce qu’un titre est lisible. Son vrai apport n’est pas d’avoir gagné : c’est d’avoir DÉPLACÉ LE TERRAIN — le miroir d’eau de Bordeaux, le Salar de Uyuni, les rivières, les rues inondées. « On ride les mêmes spots depuis trop longtemps » ; « le VRAI skimboard n’en est qu’à ses débuts ». 👉 Il a compris que le problème de son sport n’était pas la performance mais la VISIBILITÉ. Et il est d’une honnêteté rare : « il est quasi impossible de vivre du seul skimboard » — il cumule marketing, vidéo, photo. L’exact contraire du « suis ta passion, l’argent suivra ».
🔗 Liens
- Sport : Le Skimboard · Le Surf · Le Funambulisme · Salomon (entreprise) · Sciences du Sport
- Concepts : L’Esprit Critique (le faux titre de « champion du monde ») · Le Locus de Contrôle · La Vulgarisation · Le Charisme · Oussama Ammar
Sources : SurferToday — « Adrien Raza: real skimboarding is still in its early stages » · The Rider Post — « Adrien Raza, l’homme qui a révolutionné le skimboard »
Fiches qui citent celle-ci (3)
- Le Surf Sciences du Sport
- Le Skateboard Sciences du Sport
- Le Skimboard Sciences du Sport