L'Encyclopédie
Accueil · Art & Culture · Peinture

L'Arte Povera

Art & Culture → Peinture → Mouvement (Italie, v. 1967-1972) — Le terme Arte Povera (« art pauvre ») est forgé en 1967 par le critique italien Germano Celant.

Art & Culture → Peinture → Mouvement (Italie, v. 1967-1972)


Enjeu global

Le terme Arte Povera (« art pauvre ») est forgé en 1967 par le critique italien Germano Celant. Le mouvement rassemble des artistes italiens — Michelangelo Pistoletto, Mario Merz, Jannis Kounellis, Giuseppe Penone, Giovanni Anselmo, Alighiero Boetti — qui refusent le tableau, la technologie et surtout la logique du marché de l’art. Contre l’industrie culturelle et le Pop, ils privilégient des matériaux bruts, naturels et humbles (terre, pierre, tissu, charbon, plantes vivantes, néon) pour retrouver un contact direct, presque alchimique, entre l’énergie de la matière et l’expérience.

Caractéristiques objectives (techniques)

  • Emploi de matériaux pauvres : terre, chiffons, bois, métal, verre, végétaux, animaux vivants, néon.
  • Formes proches de l’installation et de la sculpture plutôt que de la peinture de chevalet.
  • Kounellis : Cavalli (douze chevaux vivants dans une galerie, 1969).
  • Mario Merz : les igloos et la suite de Fibonacci en néon ; Pistoletto : la Vénus aux chiffons (1967).

Caractéristiques subjectives (l’esprit)

Un art anti-marché, processuel et vitaliste, qui valorise le temps, la nature et l’énergie plutôt que l’objet fini et marchandisable. Une critique poétique de la société industrielle.

Thèses et débats

1. Pauvreté des moyens, richesse du sens

  • Thèse : l’humilité du matériau libère l’art de la valeur marchande. Contradicteur : le paradoxe d’œuvres devenues cotées et muséales.

2. Face au Nouveau Réalisme et au Pop art

  • Thèse : là où le Pop célèbre l’objet de consommation, l’Arte Povera lui oppose la nature brute et le processus.

🔗 Notes connexes

Fiches qui citent celle-ci (1)