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Enjeu global
Le slasher est un sous-genre de l’horreur structuré autour d’un tueur (souvent masqué) qui traque et élimine un à un un groupe de victimes, généralement des adolescents. Né avec Psychose (1960) et La Baie sanglante de Mario Bava, codifié par Halloween (John Carpenter, 1978), il connaît son âge d’or dans les années 1980. Son ressort : la tension de la traque et la survie d’une héroïne, la final girl.
Caractéristiques objectives (techniques)
- Le tueur : figure masquée, quasi indestructible, muette (Michael Myers, Jason Voorhees, Ghostface).
- La final girl : dernière survivante, souvent vertueuse, qui affronte le tueur (concept théorisé par Carol Clover en 1992).
- Caméra subjective adoptant le point de vue du tueur.
- Structure répétitive : mise à mort successive, crescendo, confrontation finale.
Caractéristiques subjectives (l’esprit)
Le slasher joue sur la peur de l’invisible et une morale punitive implicite (les transgressions — sexe, drogue — précèdent la mort). Il ritualise la peur adolescente et offre une catharsis très codifiée, presque un jeu réglé entre le film et son spectateur.
Thèses et débats
1. Misogynie ou empowerment ?
- Thèse : le genre punit les femmes et sexualise la violence. Contradicteur : la final girl inverse le schéma, c’est elle qui survit et triomphe (Clover).
2. Le tournant méta
- Thèse : Scream (Wes Craven, 1996) régénère le genre en le commentant lui-même, énonçant ses « règles ». Contradicteur : l’ironie signe aussi l’épuisement d’une formule devenue trop consciente d’elle-même.