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Horreur (cinéma)

Art & Culture → Cinéma → Genre — Le cinéma d'horreur cherche à provoquer la peur, l'effroi, le dégoût. Genre méprisé et pourtant immensément populaire, il pose une énigme : pourquoi cherche-t-on…

Art & Culture → Cinéma → Genre


Enjeu global Le cinéma d’horreur cherche à provoquer la peur, l’effroi, le dégoût. Genre méprisé et pourtant immensément populaire, il pose une énigme : pourquoi cherche-t-on volontairement à avoir peur ? L’enjeu est de comprendre ce paradoxe (le plaisir de la terreur) et ce que le monstre révèle de nos angoisses collectives refoulées.

Caractéristiques objectives (techniques)

  • Les ressorts : le monstre/menace, le sursaut (jump scare), l’atmosphère, le gore (violence explicite), le hors-champ (la peur de ce qu’on ne voit pas).
  • Sous-genres : surnaturel (fantôme, possession), slasher (tueur, Halloween), monstre, body horror (Cronenberg), horreur psychologique, liminal (voir Backrooms — L’Horreur Liminale).
  • Mise en scène de la peur : musique stridente, montage, cadrage, son — la technique fabrique physiologiquement l’effroi (voir Adrénaline, Caméra).
  • Filiation : de l’expressionnisme allemand (Nosferatu, 1922) à l’horreur “élevée” contemporaine (A24).

Caractéristiques subjectives (ce qu’elle exprime) Peur, dégoût, angoisse, mais aussi soulagement et excitation ; la confrontation cathartique avec la mort, le monstrueux, le refoulé.

Thèses et débats

1. Le monstre comme retour du refoulé

  • Exemple : chaque époque a ses monstres révélateurs — le vampire (le désir, la contagion), le Zombie (la consommation, l’épidémie), le tueur de slasher (l’angoisse sexuelle adolescente).
  • Référence : l’horreur comme expression de l’inquiétante étrangeté (Freud, Das Unheimliche, 1919 — le familier devenu menaçant, voir Backrooms — L’Horreur Liminale, Traumatisme) et de l’abjection (Julia Kristeva, Pouvoirs de l’horreur, 1980 — le rejet de ce qui brouille les frontières du moi). Contradicteur : approche cognitiviste (Noël Carroll, The Philosophy of Horror, 1990) — la peur vient surtout de la transgression des catégories (le monstre est “impur”, ni vivant ni mort), pas nécessairement d’un refoulé psychanalytique.

2. Le paradoxe du plaisir de la peur

  • Exemple : on paie pour avoir peur — pourquoi ? La catharsis (purger la peur), l’excitation physiologique sûre (voir Adrénaline, Thriller), le soulagement final, la maîtrise symbolique de la mort.
  • Contradicteur : aucune théorie ne fait consensus ; et tout le monde n’aime pas l’horreur — le “plaisir de la peur” est inégalement partagé, ce qui complique les explications universelles.

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