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Fantastique (cinéma)

Art & Culture → Cinéma & Littérature → Genre — Le fantastique introduit le surnaturel dans un monde réaliste, créant une hésitation : ce qui arrive est-il réel ou imaginaire ? Il se distingue ainsi…

Art & Culture → Cinéma & Littérature → Genre


Enjeu global Le fantastique introduit le surnaturel dans un monde réaliste, créant une hésitation : ce qui arrive est-il réel ou imaginaire ? Il se distingue ainsi du merveilleux (où le surnaturel est accepté, comme dans le conte) et de la Science-fiction (où l’étrange est rationnellement expliqué). L’enjeu est de comprendre un genre fondé sur le doute et le trouble — entre raison et croyance.

Caractéristiques objectives (techniques)

  • L’hésitation : le cœur du fantastique selon Tzvetan Todorov (Introduction à la littérature fantastique, 1970) — le récit maintient le doute entre explication rationnelle et surnaturelle.
  • Distinction des genres voisins : merveilleux (le surnaturel va de soi : fées, magie — le conte) ; fantastique (le surnaturel trouble le réel : on hésite) ; science-fiction (l’étrange est expliqué par la science).
  • Motifs : le fantôme, le double, la métamorphose, l’objet maudit, le rêve qui déborde.
  • Exemples : le cinéma fantastique d’auteur (*Le Labyrinthe de Padel ToroToro, 2006), l’adaptation de Lovecraft, le réalisme magique au cinéma.

Caractéristiques subjectives (ce qu’il exprime) Trouble, inquiétude, vertige du doute, fascination pour l’au-delà du réel ; l’angoisse de ne plus distinguer le réel de l’imaginaire (voir L’âme, Backrooms — L’Horreur Liminale).

Thèses et débats

1. Le fantastique comme hésitation (Todorov)

  • Exemple : dans Le Tour d’écrou (James, 1898), on ne sait jamais si la gouvernante voit vraiment des fantômes ou délire — le texte maintient le doute jusqu’au bout. C’est cela, le fantastique pur.
  • Contradicteur : la définition de Todorov est contestée comme trop étroite — beaucoup d’œuvres “fantastiques” tranchent le doute (le surnaturel est avéré) ; la frontière avec l’horreur et le merveilleux est poreuse.

2. Le surnaturel comme métaphore du refoulé

  • Exemple : le fantôme, le double (le Doppelgänger) figurent souvent un refoulé psychique, une culpabilité, une part d’ombre (voir Traumatisme, et l’inquiétante étrangeté de Freud).
  • Contradicteur : réduire le fantastique à du symbolisme psychanalytique appauvrit le genre — son plaisir tient aussi à l’irréductible mystère, au surnaturel pour lui-même.

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