Art & Culture → Peinture → Mouvement (France, v. 1888-1900)
Enjeu global
Le groupe des Nabis (de l’hébreu nebiim, « prophètes ») se forme en 1888 autour de Paul Sérusier, qui rapporte de Pont-Aven, sous la dictée de Gauguin, un petit paysage-manifeste : Le Talisman. La leçon : la couleur peut être pure et arbitraire, libérée de l’imitation du réel. Autour de Sérusier se réunissent Pierre Bonnard, Édouard Vuillard, Maurice Denis et Paul Ranson. Denis formule la définition-clé du modernisme pictural : « Se rappeler qu’un tableau — avant d’être un cheval de bataille, une femme nue ou une quelconque anecdote — est essentiellement une surface plane recouverte de couleurs en un certain ordre assemblées » (1890).
Caractéristiques objectives (techniques)
- Aplats colorés cernés, sans modelé ni perspective illusionniste (héritage du cloisonnisme de Gauguin).
- Goût du décoratif : paravents, papiers peints, panneaux, lithographies, décors de théâtre.
- Scènes intimistes d’intérieurs bourgeois (les « intimistes » Bonnard et Vuillard).
- Influence de l’estampe japonaise (japonisme) et de l’art populaire.
Caractéristiques subjectives (l’esprit)
Une dimension spirituelle et symboliste (Denis, Sérusier, catholiques et théoriciens) mêlée à la douceur du quotidien. L’art se veut synthèse, prière décorative et refus du naturalisme.
Thèses et débats
1. L’autonomie de la surface
- Thèse : le tableau est d’abord une surface colorée, non une fenêtre sur le monde. Contradicteur : la tradition mimétique depuis la Renaissance.
2. Décoratif = mineur ?
- Thèse : le décoratif dévalue l’art. Contradicteur : les Nabis élèvent l’ornemental au rang de programme esthétique.
🔗 Notes connexes
Fiches qui citent celle-ci (1)
- Le Symbolisme (peinture) Art & Culture