Art & Culture → Peinture → Mouvement (fin XIXe, v. 1886-1900)
Enjeu global
Né en réaction contre le réalisme de Courbet et le naturalisme de Zola, le Symbolisme refuse de peindre le monde visible pour lui préférer le rêve, le mythe et le mystère. Le manifeste littéraire de Jean Moréas (1886) donne son nom au courant, mais la peinture symboliste existe dès les années 1860-1870. Le principe : l’œuvre doit suggérer une Idée plutôt que décrire une chose vue. L’art devient le langage de l’invisible — la mort, le désir, l’angoisse, le sacré. C’est un anti-impressionnisme : là où l’Impressionnisme fixe la sensation fugitive de la lumière, le Symbolisme plonge dans l’intériorité et l’imaginaire.
Caractéristiques objectives (techniques)
- Sujets littéraires, bibliques, mythologiques, ésotériques ; femmes fatales (Salomé, sphinx, chimères).
- Facture souvent léchée et précise chez Moreau, floue et vaporeuse chez Redon (fusains « noirs », puis pastels).
- Puvis de Chavannes : grandes fresques murales aux couleurs pâles, figures hiératiques.
- Palette tantôt somptueuse et gemmée (Moreau), tantôt onirique et diffuse.
Caractéristiques subjectives (l’esprit)
Une plongée dans le subconscient, le spirituel et le morbide. Le Symbolisme exprime le spleen fin-de-siècle, le désir de fuir un monde matérialiste et positiviste vers un ailleurs idéal.
Thèses et débats
1. L’Idée contre la sensation
- Thèse : la peinture doit incarner une pensée, un symbole. Contradicteur : les impressionnistes, pour qui seule compte la perception rétinienne.
2. Un style ou un état d’esprit ?
- Thèse : le Symbolisme unit des artistes aux techniques très diverses (Moreau, Redon, Böcklin, Khnopff) par une même quête du sens caché, non par une manière commune.
🔗 Notes connexes
Fiches qui citent celle-ci (2)
- Les Nabis Art & Culture
- Les Préraphaélites Art & Culture