Art & Culture → Musique → Théâtre lyrique léger (XIXe-XXe s.)
Enjeu global
L’opérette (« petit opéra ») est un genre de théâtre lyrique léger né au milieu du XIXe siècle, mêlant chant, dialogues parlés, danse et comédie. À distinguer de L’Opéra : elle est plus courte, populaire, satirique et alterne numéros chantés et scènes parlées. Son inventeur est Jacques Offenbach, qui fonde à Paris les Bouffes-Parisiens (1855) et fait de l’opéra-bouffe un miroir moqueur du Second Empire.
Caractéristiques objectives (techniques)
- Alternance parlé/chanté (contre le chant continu de l’opéra), airs entraînants, couplets et refrains mémorisables.
- Ton comique, satirique, parfois grivois ; intrigues légères, quiproquos, parodie.
- Numéros de danse célèbres (le galop infernal / « French cancan » d’Orphée aux enfers).
- Œuvres et auteurs phares : Offenbach (Orphée aux enfers 1858, La Belle Hélène 1864, La Vie parisienne 1866) ; tradition viennoise avec Johann Strauss fils (La Chauve-Souris, 1874) et Franz Lehár (La Veuve joyeuse, 1905).
Caractéristiques subjectives (ce qu’elle exprime)
La légèreté, l’esprit, la fête et la satire sociale. L’opérette divertit tout en épinglant les travers de son temps ; elle respire l’insouciance des grandes villes (Paris, Vienne) et le plaisir immédiat.
Thèses et débats
1. Grand art ou divertissement mineur ?
- Exemple : Offenbach fut adulé du public et admiré de Rossini (« le Mozart des Champs-Élysées »). Contradicteur : la critique « sérieuse » l’a longtemps relégué au rang de sous-genre commercial.
2. Ancêtre de la comédie musicale ?
- L’opérette viennoise et parisienne prépare la voie au musical de Broadway et au music-hall du XXe siècle.