La scène d’ouverture de La La Land — « Another Day of Sun »
Art & Culture → Cinéma → Concept (étude de cas)
Enjeu global
L’ouverture de La La Land (Damien Chazelle) est un numéro musical géant filmé en (faux) plan-séquence sur une autoroute de Los Angeles paralysée par les embouteillages. Des dizaines d’automobilistes sortent de leurs voitures et dansent en chantant « Another Day of Sun ». C’est un cas d’école d’ouverture-manifeste : en un souffle, le film déclare son genre, son ton et ses ambitions avant même que les deux héros n’existent.
⭐ L’essentiel
- Poser le ton : optimisme solaire, énergie collective, foi dans le rêve — la promesse d’une comédie musicale assumée.
- Signer l’hommage : ressusciter le grand numéro dansé hollywoodien dans un décor banal et contemporain (le bouchon), geste à la fois rétro et ironique.
- Passer du collectif à l’intime : la caméra finit par se resserrer sur deux voitures — Mia et Sebastian — qui s’ignorent. Le film rétrécit du chœur au couple.
🔑 Techniques clés
- Faux plan-séquence : coupes invisibles masquées par les mouvements de caméra, pour simuler une chorégraphie continue et sans filet. → Le Plan-séquence
- Chorégraphie millimétrée : figurants, danseurs et travelling synchronisés sur une bretelle d’autoroute réelle (tournage sur un échangeur de LA fermé).
- Contraste décor / geste : la grisaille du bouchon contre l’explosion de couleurs primaires des costumes — le rêve qui déborde du réel.
- Chute humoristique : le numéro s’achève, chacun remonte en voiture, et Seb klaxonne Mia — retour brutal au trivial.
⚠️ Esprit critique & pièges
- Une promesse à tenir : morceau de bravoure d’entrée, l’ouverture place la barre très haut ; certains trouvent que le reste du film, plus intime, ne retrouve jamais cette énergie.
- Nostalgie ou pastiche ? : le numéro peut se lire comme un hommage sincère ou comme une reconstitution léchée et calculée, symptôme du « tout au style » reproché au film. → Les scènes d’ouverture au cinéma