Économie → et si la croissance faible et les taux bas devenaient l’état normal des économies riches ?
L’essentiel
La stagnation séculaire (secular stagnation) désigne une période durable de croissance faible, de taux d’intérêt très bas et d’inflation atone, où la demande peine structurellement à absorber l’épargne disponible. Le concept est formulé par Alvin Hansen en 1938, puis relancé par Larry Summers en 2013 pour décrire l’économie des pays avancés après la crise de 2008.
Mécanisme
- Un excès d’épargne (saving glut) mondial dépasse les besoins d’investissement rentable.
- Le taux d’intérêt d’équilibre devient très bas, voire négatif, limitant l’action des banques centrales.
- Vieillissement démographique, inégalités et faible investissement dépriment la demande de long terme.
- Le ralentissement des gains de productivité bride le potentiel de croissance.
Enjeux / Débats
- Réalité ou artefact : tendance structurelle durable ou séquelle temporaire de la crise financière ?
- Réponses possibles : relance de l’investissement public, transition énergétique, politique budgétaire active.
Dimension symbolique
- Fin de la croissance ? : remise en cause de la promesse d’un progrès matériel continu.
- Impuissance monétaire : les banques centrales à court de munitions face à des taux déjà planchers.
À retenir
La stagnation séculaire éclaire l’énigme des économies avancées : croissance molle malgré des taux historiquement bas. Entre excès d’épargne, faiblesse de la demande et démographie, elle nourrit le débat sur le retour d’une politique budgétaire ambitieuse.
🔗 Liens
Fiches qui citent celle-ci (1)
- MOC — Crises et Bulles Spéculatives Économie