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La Couleur (infographiste)

Informatique / Design numérique → La couleur comme donnée technique — Là où le peintre voit un pigment (voir Les Couleurs en peinture), l'infographiste voit une donnée chiffrée, destinée à s'afficher…

Informatique / Design numérique → La couleur comme donnée technique


Enjeu global

Là où le peintre voit un pigment (voir Les Couleurs en peinture), l’infographiste voit une donnée chiffrée, destinée à s’afficher à l’identique sur un écran, une impression, un smartphone. Son métier : garantir qu’un même bleu de marque reste le même partout — malgré des écrans et des imprimantes qui « parlent » des langages de couleur différents. La couleur devient un problème de codage, de conversion et de fidélité.


Les modèles de couleur (le cœur du métier)

  • RVB (RGB) — l’écran. Synthèse additive : on additionne des lumières Rouge, Vert, Bleu, chacune de 0 à 255. Tout mélange tend vers le blanc. C’est le modèle de tous les appareils numériques (moniteurs, TV — voir La Télévision —, appareils photo).
  • Hexadécimal (#RRGGBB) — le web. La même valeur RVB écrite en base 16 : #FF0000 = rouge pur, #000000 = noir, #FFFFFF = blanc. Le langage du HTML/CSS.
  • CMJN (CMYK) — l’impression. Synthèse soustractive : proportions d’encres Cyan, Magenta, Jaune, Noir (en %). Gamut plus étroit que le RVB → certaines couleurs vives de l’écran sont inimprimables.
  • TSL (HSL) — l’outil de travail. Teinte, Saturation, Luminosité : organisé comme la perception humaine (choisir une teinte, puis l’éclaircir/désaturer). Bien plus intuitif que RVB pour ajuster une couleur.
  • Pantone — la couleur de référence. Un nuancier physique normalisé : le « Pantone 485 » sera le même rouge chez tous les imprimeurs, indépendamment des écarts RVB/CMJN. Essentiel en identité de marque.

Les problèmes techniques propres au métier

  • Le gamut : l’ensemble des couleurs qu’un périphérique peut restituer. RVB > CMJN → d’où des surprises à l’impression (le flyer plus terne que la maquette). L’infographiste travaille en connaissant la cible.
  • Les profils ICC : un fichier qui décrit le gamut d’un appareil et traduit ses valeurs vers un espace universel (CIE Lab, qui couvre toute la vision humaine). C’est la clé de la gestion des couleurs entre appareils.
  • La stratégie « RVB first » : concevoir d’abord pour l’écran (usage dominant), décliner ensuite pour le print — inversion récente des habitudes du graphisme.

L’accessibilité : la couleur qui doit rester lisible

Enjeu éthique et légal du design contemporain :

  • Contraste WCAG : la norme d’accessibilité web exige un ratio de contraste texte/fond suffisant. Minimum 4,5:1 pour le texte courant (niveau AA). En France, le RGAA l’impose aux services publics.
  • Ne pas coder l’information par la seule couleur : ~8 % des hommes sont daltoniens → un graphique lisible uniquement par la couleur les exclut. On double toujours par une forme, un motif, un label.

À retenir

Pour l’infographiste, la couleur est une donnée à coder (RVB/hexa pour l’écran, CMJN pour le print), à convertir sans trahison (gamut, profils ICC, Pantone pour les marques) et à rendre accessible (contraste WCAG, daltonisme). Même science de la couleur que le peintre, mais problème inverse : non pas créer une teinte à la main, mais la reproduire fidèlement partout.


Concepts / fiches liés

Index


Sources : Adobe, « Modèles et espaces colorimétriques » ; Canva, « Code couleur RVB, Hexa » ; MDN, « Accessibilité : couleurs et luminance » (WCAG/RGAA) ; Graphéine, « RGB First ».

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