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La Littérature engagée

Littérature → Notion / débat (France, après-guerre, ~1945-1960) — La littérature engagée est l'idée que l'écrivain ne saurait rester neutre : écrire, c'est agir dans l'Histoire et en assumer la…

Littérature → Notion / débat (France, après-guerre, ~1945-1960)


Enjeu global

La littérature engagée est l’idée que l’écrivain ne saurait rester neutre : écrire, c’est agir dans l’Histoire et en assumer la responsabilité. Portée par Jean-Paul Sartre dans le sillage de la Résistance et de l’existentialisme, elle affirme que la parole est un acte, que « parler c’est agir », et que l’écrivain, en dévoilant le monde, engage sa liberté et celle du lecteur. Contre l’art désincarné, elle veut une littérature située, tournée vers son époque.

Dimension technique / caractéristiques et origines

Les traits

  • L’écrivain responsable : « on n’est pas écrivain pour avoir décidé de dire certaines choses, mais pour avoir décidé de les dire d’une certaine manière ».
  • La prose comme instrument privilégié (Sartre exempte la poésie, qui n’« utilise » pas les mots).
  • Le dévoilement : montrer le monde, c’est appeler à le changer, viser la liberté du lecteur.
  • Thèmes : liberté, oppression, colonisation, guerre, justice sociale.

Origines et contexte

  • Cristallisée dans Qu’est-ce que la littérature ? (1948) de Sartre, dans la revue Les Temps modernes (fondée 1945). Contexte : sortie de la Seconde Guerre mondiale, guerre froide, décolonisation.

Les grandes œuvres et auteurs

  • Jean-Paul Sartre (Qu’est-ce que la littérature ?, 1948 ; Les Mains sales, 1948).
  • Albert Camus (La Peste, 1947 ; L’Homme révolté, 1951).
  • André Malraux (La Condition humaine, 1933), figure d’engagement.
  • En contrepoint critique : Roland Barthes (Le Degré zéro de l’écriture, 1953).

Dimension symbolique / les débats

1. La parole comme action

Pour Sartre, la liberté de l’écrivain est solidaire de celle des autres ; écrire, c’est dévoiler pour que nul ne puisse dire « je ne savais pas ». La littérature a une fonction morale et politique.

2. Contre la « littérature pure »

La notion suscite un débat majeur : les partisans de l’art pour l’art y voient une soumission de l’art à l’idéologie. Barthes déplace la question vers l’écriture elle-même comme engagement formel, non thématique. La querelle Sartre / Camus (1952) en montre les tensions.

En bref

  1. Notion portée par Sartre, Qu’est-ce que la littérature ? (1948).
  2. L’écrivain responsable : la parole est un acte.
  3. Contexte : Résistance, existentialisme, décolonisation.
  4. Camus, Malraux ; débat avec Barthes et la « littérature pure ».
  5. La littérature comme dévoilement appelant à changer le monde.

🔗 Notes connexes

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