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Absurde et Existentialisme

Littérature → Mouvements → XXe siècle (après-guerre) — L'absurde et l'existentialisme dominent la littérature et la philosophie françaises de l'après-guerre (années 1940-50).

Littérature → Mouvements → XXe siècle (après-guerre)


Enjeu global L’absurde et l’existentialisme dominent la littérature et la philosophie françaises de l’après-guerre (années 1940-50). Face à un monde privé de sens transcendant (après les deux guerres, la Shoah — voir Devoir de mémoire), ils posent : l’existence n’a pas de sens donné d’avance, l’homme doit le créer par ses choix. L’enjeu est de comprendre une pensée de la liberté radicale et de la responsabilité, indissociablement littéraire et philosophique.

Caractéristiques objectives

  • Période : ~1938-1960. Auteurs : Sartre (La Nausée, 1938 ; L’existentialisme est un humanisme, 1946), Camus (L’Étranger, Le Mythe de Sisyphe, 1942), Beauvoir ; théâtre de l’absurde : Beckett (En attendant Godot, 1953), Ionesco.
  • L’existentialisme : “l’existence précède l’essence” (Sartre) — l’homme n’a pas de nature fixée, il se définit par ses actes ; il est “condamné à être libre”.
  • L’absurde (Camus) : le divorce entre le besoin humain de sens et le silence du monde ; ni la fuite (suicide) ni l’illusion religieuse, mais la révolte lucide.
  • Procédés : récit dépouillé (l’écriture “blanche” de L’Étranger), théâtre de la dérision (dialogues vides, attente sans fin chez Beckett), roman philosophique.

Caractéristiques subjectives (l’esprit) Lucidité, angoisse (de la liberté), révolte, responsabilité, gravité ; mais aussi, chez Camus, une forme de bonheur tragique (“il faut imaginer Sisyphe heureux”).

Thèses et débats

1. L’homme est libre et responsable (existentialisme, Sartre)

  • Exemple : sans Dieu ni nature humaine donnée, l’homme se crée par ses choix et en porte l’entière responsabilité — d’où l’angoisse (voir Ambiguïté morale).
  • Référence : voir L’âme (pas d’essence préalable), et la liberté contre tout déterminisme (contre le déterminisme naturaliste). Contradicteur : le structuralisme des années 1960 (Lévi-Strauss, Foucault — “la mort de l’homme”) conteste ce “sujet libre” — l’individu est traversé par des structures (langue, inconscient, société) qui le déterminent ; la liberté sartrienne serait une illusion.

2. Vivre lucidement l’absurde (Camus)

  • Exemple : Meursault (L’Étranger) face à l’indifférence du monde ; Sisyphe condamné à rouler son rocher éternellement — image de la condition humaine, à assumer sans espoir illusoire.
  • Contradicteur : la querelle Sartre-Camus (1952, autour de L’Homme révolté) — Sartre reproche à Camus son refus de l’engagement révolutionnaire violent ; Camus refuse de justifier la Violence au nom de l’Histoire. Rupture majeure entre les deux.

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