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Le Théâtre de la cruauté

Littérature → Mouvement théâtral (France, 1930s, autour d'Antonin Artaud) — Le théâtre de la cruauté d'Antonin Artaud est un manifeste incendiaire contre le théâtre bourgeois, psychologique et…

Littérature → Mouvement théâtral (France, 1930s, autour d’Antonin Artaud)


Enjeu global

Le théâtre de la cruauté d’Antonin Artaud est un manifeste incendiaire contre le théâtre bourgeois, psychologique et bavard, esclave du texte. Artaud rêve d’un théâtre total, sensoriel et rituel, qui n’illustre plus une pièce mais agit sur le spectateur comme la peste ou un rite sacré. La « cruauté » n’est pas le sang : c’est la rigueur implacable, la nécessité brûlante qui frappe les sens et réveille les forces obscures de la vie.

Dimension technique / caractéristiques et origines

Les traits

  • Primat de la scène sur le texte : cris, gestes, souffles, lumière, espace, sons deviennent un langage.
  • Choc physique du spectateur, immergé dans l’action (abolition de la scène et de la salle).
  • Modèle du rite et de la transe : Artaud s’inspire du théâtre balinais découvert en 1931.
  • Un langage « concret », hiéroglyphique, adressé aux nerfs plus qu’à l’intelligence.

Origines et contexte

  • Formulé par Antonin Artaud (ancien surréaliste) dans deux manifestes réunis dans Le Théâtre et son double (1938). Presque jamais réalisé de son vivant : c’est une utopie plus qu’une pratique aboutie.

Les grandes œuvres et auteurs

  • Antonin Artaud (Le Théâtre et son double, 1938 ; tentative Les Cenci, 1935).
  • Postérité : Jerzy Grotowski, Peter Brook, le Living Theatre, Jean-Louis Barrault.

Dimension symbolique / les débats

1. Le théâtre comme métaphysique

Pour Artaud, le théâtre doit retrouver une fonction sacrée et dangereuse, purger la société de ses toxines comme une épidémie révélatrice. C’est une pensée du corps et de la présence, non de la représentation.

2. Une utopie féconde

Théorie plus qu’œuvre, souvent jugée irréalisable, elle a pourtant refondé la mise en scène du XXe siècle : le metteur en scène devient créateur, le corps de l’acteur, matière première. Son influence dépasse de loin ce qu’Artaud put jamais monter.

En bref

  1. Antonin Artaud, Le Théâtre et son double (1938).
  2. Théâtre sensoriel, rituel, total, au-delà du texte.
  3. Choc physique du spectateur, modèle de la transe.
  4. Utopie rarement réalisée de son vivant.
  5. Influence majeure sur toute la mise en scène du XXe siècle.

🔗 Notes connexes

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