alliknow

La Littérature luxembourgeoise

Une littérature trilingue : la seule d'Europe à s'écrire, à parts variables, en luxembourgeois, français et allemand.

Une littérature trilingue : la seule d’Europe à s’écrire, à parts variables, en luxembourgeois, français et allemand.

L’essentiel

La spécificité absolue de la littérature du Luxembourg est son plurilinguisme : elle s’écrit dans les trois langues du pays — le luxembourgeois (Lëtzebuergesch, langue nationale seulement depuis 1984), le français et l’allemand — souvent chez les mêmes auteurs. Petite par la taille, elle est vivace et fait de ce passage entre les langues son identité même.

Repères & figures

  • Les fondateurs (XIXᵉ, en luxembourgeois) : Antoine Meyer (premier livre en luxembourgeois, 1829) ; Edmond de la Fontaine, dit « Dicks » (théâtre, poésie) ; Michel Lentz (auteur de l’hymne Ons Heemecht) ; et surtout Michel Rodange avec Renert oder de Fuuss am Frack (1872), adaptation du Roman de Renart devenue l’épopée nationale.
  • XXᵉ siècle : Batty Weber (l’idée de « creuset » luxembourgeois) ; la génération marquée par les guerres.
  • Contemporains (scène riche) : Anise Koltz (grande voix poétique, passée du allemand au français) ; Jean Portante (franco-luxembourgeois, l’image de « l’étrange langue ») ; Guy Rewenig (premier roman en luxembourgeois, Hannert dem Atlantik, 1985) ; Nico Helminger, Jean Krier, Georges Hausemer. Le Prix Servais couronne le meilleur livre de l’année.

⚠️ Esprit critique

  1. « Existe-t-il UNE littérature luxembourgeoise ? » Le débat est réel : éclatée en trois langues, elle peut sembler sans unité — ou tirer sa singularité précisément de ce plurilinguisme assumé (une littérature de la frontière et de la traduction).
  2. Jeunesse et fragilité : la littérature en luxembourgeois est récente (langue officielle depuis 1984) et s’adresse à un lectorat étroit ; d’où un risque d’invisibilité internationale, en partie compensé par le passage au français/allemand.
  3. Un laboratoire de l’identité européenne multilingue — de plus en plus étudié comme tel.

À retenir

La littérature luxembourgeoise est trilingue (luxembourgeois, français, allemand). Fondée au XIXᵉ en luxembourgeois (Dicks, Lentz, Rodange et son Renert), elle est aujourd’hui portée par des voix comme Anise Koltz et Jean Portante. Sa force et sa fragilité tiennent au même trait : le plurilinguisme — laboratoire de l’Europe des langues, mais lectorat restreint et littérature en luxembourgeois encore jeune.

🔗 Liens

Fiches qui citent celle-ci (3)