L'Encyclopédie

George Berkeley

« Être, c'est être perçu » — le philosophe qui a osé nier l'existence de la matière, poussant l'empirisme jusqu'à son vertige. ⭐ Le philosophe immatérialiste.

« Être, c’est être perçu » — le philosophe qui a osé nier l’existence de la matière, poussant l’empirisme jusqu’à son vertige.

Le philosophe immatérialiste. George Berkeley (1685-1753), évêque et philosophe irlandais, est une grande figure de l’empirisme britannique (avec Locke et Hume). Sa thèse, radicale et provocante : la MATIÈRE n’existe pas en tant que substance indépendante. Seuls existent les ESPRITS et leurs PERCEPTIONS (idées). C’est l’idéalisme (ou « immatérialisme »).

🔑 « Esse est percipi ». 🔑 Sa formule célèbre : « Esse est percipi » — être, c’est être perçu. Un objet (une pomme) n’est qu’un FAISCEAU de sensations (couleur, forme, goût) ; hors de toute perception, dire qu’il « existe » n’a pas de sens vérifiable. Argument imparable en apparence : on n’a JAMAIS accès à la « matière » elle-même, seulement à nos perceptions. Pour éviter que le monde disparaisse quand personne ne regarde, Berkeley invoque Dieu, qui perçoit tout en permanence et maintient ainsi le monde en existence (cf. La Perception, L’Idéalisme).

⚠️ Esprit critique. (1) Absurde ou imparable ? On raille Berkeley (« le caillou existe même sans regard ! » — le Dr Johnson tapa du pied sur une pierre pour le « réfuter »). Mais son argument est logiquement REDOUTABLE : prouver l’existence d’une matière hors de toute perception est… impossible par définition. Il pousse l’empirisme jusqu’à ses conséquences vertigineuses (cf. Le Doute). 🔑 (2) Toujours actuel : la question « qu’est-ce qui existe indépendamment de notre esprit ? » reste ouverte (physique quantique, réalité simulée, sciences cognitives — cf. La Perception, <span class=“lien-absent”>Le Daltonisme</span>). Berkeley n’est pas un original farfelu, mais un jalon incontournable de la réflexion sur le réel et la connaissance.

🔗 Liens

Fiches qui citent celle-ci (7)