Philosophie → Métaphysique → Liberté et responsabilité morale → XXᵉ s.
Concept clé
Position forgée par John Martin Fischer : la responsabilité morale est compatible avec le déterminisme, même si le libre arbitre (au sens fort) ne l’était pas. Autrement dit, on peut tenir quelqu’un responsable sans avoir à résoudre la question du libre arbitre.
Note organisée par thèses.
Thèse 1 — « La responsabilité morale n’exige pas qu’on ait pu agir autrement »
Énoncé. Contre le Principe des possibilités alternatives (PAP) — « on n’est responsable que si on aurait pu faire autrement » — Fischer (avec Frankfurt) soutient qu’on peut être responsable sans alternative possible.
Argument — les « cas Frankfurt ». Un neuroscientifique pourrait forcer ton cerveau à choisir A — mais il n’intervient pas, parce que tu choisis A de toi-même. Tu n’avais aucune alternative réelle (il t’en aurait empêché), et pourtant tu sembles pleinement responsable. → Donc la responsabilité ne dépend pas des alternatives, mais du contrôle rationnel que tu exerces sur ton acte (« contrôle de guidage »).
Contexte. Débat analytique sur le libre arbitre (fin XXᵉ s.), entre compatibilistes, incompatibilistes et libertariens.
Thèse 2 — « On peut donc rester agnostique sur le libre arbitre »
Énoncé. Le semicompatibilisme ne tranche pas : ni compatibilisme pur (qui affirme le libre arbitre), ni incompatibilisme. Il affirme seulement la responsabilité, indépendamment du déterminisme.
Objections.
- Les cas Frankfurt sont contestés : l’objection du « dilemme » dit qu’ils supposent en douce soit le déterminisme (pétition de principe), soit un signe préalable au choix (donc une mini-alternative subsiste).
- Question de fond : la responsabilité a-t-elle besoin d’un véritable auteur de l’acte, ou seulement d’un contrôle ? Peut-on vraiment punir moralement dans un monde entièrement déterminé ?
Liens
Fiches qui citent celle-ci (2)
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