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Judaïsme

Religion → Monothéismes → Concept transversal — Le judaïsme est la plus ancienne des trois religions monothéistes abrahamiques et la matrice historique du christianisme et de l'islam.

Religion → Monothéismes → Concept transversal


Enjeu global Le judaïsme est la plus ancienne des trois religions monothéistes abrahamiques et la matrice historique du christianisme et de l’islam. Il se définit moins par un dogme que par une Alliance (berit) entre Dieu et un peuple, et par une Loi (Halakha) qui règle toute l’existence. L’enjeu de sa compréhension est de saisir une religion qui est aussi une appartenance peuplée et une histoire — d’où la question débattue : le judaïsme est-il une foi, un peuple, une culture, ou les trois indissociablement ?

Histoire et structure

Les textes fondateurs

  • La Torah (les cinq livres de Moïse, le Pentateuque) constitue le cœur ; avec les Prophètes (Neviim) et les Écrits (Ketouvim), elle forme le Tanakh (Bible hébraïque).
  • Le Talmud (rédigé v. IIe–VIe s. apr. J.-C., versions de Jérusalem et de Babylone) recueille la “Torah orale” : la Mishna (loi) et la Guemara (commentaires). Débat interne : le judaïsme rabbinique fonde l’autorité sur cette tradition orale — contesté historiquement par les Karaïtes (VIIIe s.) qui ne reconnaissent que la Torah écrite.

Repères historiques

  • Sortie d’Égypte et don de la Loi au Sinaï (récit fondateur) ; royaume de David et Salomon (Xe s. av. J.-C.) ; destruction du Premier Temple (586 av. J.-C., exil à Babylone) puis du Second Temple (70 apr. J.-C. par Titus), qui fait basculer d’un judaïsme sacrificiel et centré sur le Temple vers le judaïsme rabbinique de la synagogue et de l’étude.
  • Diaspora, persécutions médiévales et modernes, jusqu’à la Shoah (1941-1945, ~6 millions de victimes) et la fondation de l’État d’Israël (1948).

Thèses / traits structurants

1. Un monothéisme de l’Alliance et de la Loi Dieu unique, transcendant, irreprésentable (interdit des images) ; la relation se noue par l’Alliance et l’obéissance aux mitzvot (commandements, traditionnellement 613).

  • Exemple : le Shema Israël (“Écoute Israël, l’Éternel est notre Dieu, l’Éternel est Un”, Deutéronome 6,4) condense la profession de foi.
  • Contradicteur (perspective comparée) : le christianisme paulinien rompt précisément sur ce point — il relativise la Loi (la Torah) au profit de la foi et de la grâce (Épître aux Romains), ce que le judaïsme refuse.

2. Une religion de l’étude et de l’interprétation Le rapport au texte est central : commenter, discuter, transmettre. Le désaccord argumenté fait partie de la tradition (les controverses du Talmud).

  • Exemple : la Halakha se construit par débats rabbiniques où les opinions minoritaires sont conservées — un modèle de pensée dialectique.
  • Contradicteur : les courants se divisent à l’époque moderne — judaïsme orthodoxe (fidélité stricte à la Halakha), réformé (adaptation à la modernité, dès l’Allemagne du XIXe s.), conservateur (massorti) intermédiaire. Ce qui fait autorité est précisément l’objet du désaccord.

Nuance critique Parler “du” judaïsme au singulier est trompeur : il recouvre une pluralité de courants religieux et de rapports à la pratique (du plus observant au plus sécularisé), ainsi qu’un débat non clos sur l’articulation entre dimension religieuse et dimension nationale/peuplée. Le sionisme (Theodor Herzl, L’État des Juifs, 1896) introduit même une dimension politique que certains courants religieux ont d’abord contestée.

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