L'Encyclopédie
Accueil · Art & Culture · Architecture

Le Postmodernisme (architecture)

Art & Culture → Architecture → Occident (v. 1970–1995) — Le postmodernisme naît d'un rejet du dépouillement du Mouvement moderne, dont le slogan « Less is more » (Mies van der Rohe) et le…

Art & Culture → Architecture → Occident (v. 1970–1995)


Enjeu global

Le postmodernisme naît d’un rejet du dépouillement du Mouvement moderne, dont le slogan « Less is more » (Mies van der Rohe) et le fonctionnalisme aveugle sont accusés d’avoir engendré des villes froides et anonymes. Robert Venturi riposte : « Less is a bore » (« Moins, c’est ennuyeux »). Contre la table rase, les postmodernes réhabilitent l’histoire, l’ornement, la couleur et le symbole, et revendiquent une architecture communicante, lisible par le grand public. C’est le passage d’une utopie universelle à un jeu de citations et de références.

Caractéristiques objectives (techniques)

  • Retour de l’ornement et des éléments historiques : colonnes, frontons, arcs, moulures — réemployés hors de leur logique d’origine.
  • Citation et collage : mélange éclectique de styles, du classique au vernaculaire, souvent à la couleur vive.
  • Ironie et double codage : formes lisibles à la fois par le public et par les architectes cultivés (Charles Jencks).
  • Œuvres-clés : Robert Venturi (Complexité et contradiction en architecture, 1966 ; Vanna Venturi House) ; Michael Graves (Portland Building, 1982 ; Team Disney) ; Charles Moore (Piazza d’Italia à La Nouvelle-Orléans, 1978, manifeste ludique et scénographique).

Caractéristiques subjectives (l’esprit)

Le postmodernisme respire le jeu, l’ambiguïté et le clin d’œil. Il assume la contradiction contre la pureté moderne, préfère le « et…et » au « ou…ou ». Son ton oscille entre hommage et pastiche, entre culture savante et pop, revendiquant le plaisir, la mémoire et le décor comme droits légitimes de l’architecture.

Thèses et débats

1. Libération ou régression

  • Thèse : une réconciliation salutaire avec l’histoire et le public. Contradicteur : un kitsch superficiel, décor de façade masquant l’absence d’idée.

2. Rupture ou continuité

  • Thèse : une vraie sortie du dogme moderne. Contradicteur : une simple mode commerciale des années 1980, vite épuisée.

🔗 Notes connexes

Fiches qui citent celle-ci (1)