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L'Architecture Baroque (Le Mouvement et l'Illusion)

Né dans le sillage de la Contre-Réforme catholique, le Baroque refuse la ligne droite, la symétrie figée et la froideur classique.

Enjeu global

Né dans le sillage de la Contre-Réforme catholique, le Baroque refuse la ligne droite, la symétrie figée et la froideur classique. L’enjeu est de théâtraliser l’espace, d’utiliser la courbe, le trompe-l’œil et la surcharge décorative pour susciter l’émotion, le trouble, et capturer le spectateur dans un mouvement infini.

Caractéristiques objectives

  • Période clé : Fin du XVIe s. - milieu du XVIIIe s. (initié en Italie par Bernin et Borromini).
  • Éléments techniques : Façades ondulées (alternance de courbes concaves et convexes), colonnes torses (salomoniennes), plans elliptiques ou ovales, profusion de dorures, de stucs, et fresques de plafonds en perspective forcée (quadratura).
  • Rapport à la lumière : Le clair-obscur architectural. La lumière est théâtrale, directionnelle, contrastée par des renfoncements profonds créant des ombres dramatiques.

Caractéristiques subjectives (l’esprit)

Instabilité, métamorphose, exubérance, sensation d’infini, triomphe de l’Imaginaire sur le Symbolique mathématique.

Thèses et débats : Une confrontation dialectique

1. La déchéance du Classicisme VS L’autonomie du Mouvement (Wölfflin)

  • Thèse (La critique classique / Le Baroque comme anomalie) : Pour les tenants du classicisme rigide, le mot “baroque” (perle irrégulière en portugais) est péjoratif. C’est un style décadent, surchargé, une faute de goût qui trahit la pureté des structures au profit du faste vulgaire et du mensonge visuel (le faux marbre).
  • Antithèse (La réhabilitation par Heinrich Wölfflin) : Dans Principes fondamentaux de l’histoire de l’art (1915), Wölfflin démontre que le Baroque est un art autonome régi par des lois inverses mais aussi valables que le classicisme. Il oppose dialectiquement le linéaire (classique) au plastique/pictural (baroque), la forme fermée à la forme ouverte, la multiplicité lisible à l’unité fusionnelle. Le baroque ne détruit pas l’architecture, il y introduit le Temps et le Mouvement.

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