Les Z-movies du monde (cinéma bis)
Art & Culture → Cinéma → Quand des cinémas fauchés du monde entier « repompent » Hollywood avec zéro budget et une inventivité folle.
L’essentiel
Au bas de la gradation série A / B / Z, les Z-movies sont des films faits avec quasi rien — souvent des copies ou remakes non autorisés de succès hollywoodiens (des « mockbusters »). Chaque pays a produit les siens : c’est le versant mondial du cinéma bis, un immense réservoir de nanars cultes et un cas fascinant de réappropriation locale de la pop culture globale.
🌍 Les grandes écoles nationales
- La Turquie (âge d’or du Yeşilçam) : la championne toutes catégories. Dünyayı Kurtaran Adam (« le Turc qui sauva le monde », 1982), dit « Turkish Star Wars », qui vole littéralement des plans de Star Wars projetés derrière les acteurs ; 3 Dev Adam (« Turkish Spider-Man », où Spider-Man est le méchant face à Captain America et au catcheur Santo) ; des versions turques de Rambo, E.T., Superman, Le Magicien d’Oz.
- L’Italie : la reine du rip-off professionnel — clones de Mad Max, Alien, Les Dents de la mer, Star Wars (Bruno Mattei, Claudio Fragasso, auteur du culte Troll 2).
- Hong Kong : la catégorie III et les films de ninjas « recollés » de Godfrey Ho (monter ensemble des bouts de films sans rapport pour en fabriquer un « nouveau »).
- Ailleurs : le Z indien, philippin, nigérian (Nollywood), brésilien…
- Aujourd’hui, les mockbusters : le studio américain The Asylum (Sharknado, Transmorphers) industrialise le principe — sorties calées sur les blockbusters qu’ils imitent.
⚠️ Esprit critique
- Le vol comme création populaire. Ces films naissent d’un chaos du droit d’auteur : on pille Hollywood faute de moyens, mais on réinvente tout localement — une créativité de la débrouille souvent stupéfiante.
- Une lecture « décentrée ». C’est un exemple concret de « glocalisation » : des cinémas de la périphérie s’emparent des mythes du centre (Hollywood) et les transforment selon leur imaginaire — angle qui rejoint les débats sur l’appropriation culturelle et la circulation Nord-Sud des images.
- Nanar ≠ mépris. Beaucoup sont devenus des nanars adorés ; les aimer, c’est célébrer une énergie et une liberté que le cinéma calibré a perdues — à condition d’y mettre de la tendresse, pas de la condescendance envers des cinémas pauvres.
À retenir
Les Z-movies = le cinéma bis mondial, fait de remakes/copies non autorisés de Hollywood avec des moyens dérisoires. Chef-d’œuvre du genre : le « Turkish Star Wars ». Écoles majeures : Turquie, Italie (rip-offs), Hong Kong (Godfrey Ho), Nollywood… et aujourd’hui les mockbusters (The Asylum). Au-delà du rire, un cas d’inventivité fauchée et de réappropriation locale de la pop culture globale — souvent des nanars cultes.
🔗 Liens
Fiches qui citent celle-ci (1)
- Le Cinéma de série B Cinéma