Histoire → XIXe siècle → Religion & Politique
Enjeu global
L’affaire Mortara est un scandale européen de 1858 : un enfant juif de Bologne, Edgardo Mortara, est enlevé à sa famille par les autorités pontificales parce qu’il aurait été secrètement baptisé. Elle révèle le pouvoir temporel de l’Église, le statut des Juifs dans l’Europe pré-émancipation, et contribue à la chute des États pontificaux. L’enjeu : un cas où le droit religieux écrase le droit familial et civil.
Les faits
- 1858, Bologne (alors dans les États pontificaux) : Edgardo Mortara, 6 ans, est retiré de force à ses parents juifs par la police pontificale.
- Le motif : une servante catholique aurait baptisé secrètement l’enfant quand il était malade. Selon le droit canon, un baptisé ne peut être élevé par des juifs → l’Église le “récupère”.
- Le pape Pie IX refuse de le rendre malgré l’indignation internationale (Napoléon III, l’opinion libérale, les communautés juives).
- Conséquences : Edgardo, élevé catholique, devient prêtre. L’affaire discrédite le pouvoir temporel papal et alimente l’unification italienne (la fin des États pontificaux, 1870).
Thèses et débats
- Thèse : l’affaire illustre l’incompatibilité entre le pouvoir religieux absolu et les droits individuels modernes — un tournant vers la sécularisation de l’État (voir Athéisme — Histoire d’une Critique, Judaïsme).
- Contradicteur : côté Église, la logique était cohérente avec sa doctrine (le salut de l’âme baptisée prime) — ce qui montre le gouffre entre deux systèmes de valeurs. Le débat ressurgit en 2018 (projet de film de Spielberg) sur la mémoire de l’antijudaïsme catholique (voir Devoir de mémoire).
🔗 Notes connexes
- Judaïsme · Athéisme — Histoire d’une Critique
- Type de droit (droit religieux vs droit civil) · Violence
- Devoir de mémoire
- Histoire
Fiches qui citent celle-ci (1)
- Histoire — Index Histoire