Interdiction totale de la production et de la vente d’alcool aux États-Unis — l’une des plus célèbres politiques ratées de l’histoire.
⭐ L’utopie morale. Portée par des ligues puritaines et féministes (l’alcool, fléau familial), la Prohibition inscrit dans la Constitution (18e amendement) l’interdiction de l’alcool. Objectif : assainir la société, réduire la violence et la misère.
🔑 L’effet inverse — le crime organisé. Résultat catastrophique : la demande ne disparaît pas, elle passe dans la CLANDESTINITÉ. Le trafic devient une industrie colossale aux mains de la MAFIA (Al Capone à Chicago), avec ses bars clandestins (speakeasies), sa corruption généralisée (police, juges) et sa violence. L’alcool frelaté tue. L’État perd des taxes énormes. 👉 On interdit un produit, on fabrique un empire criminel.
⚠️ Esprit critique — une leçon toujours actuelle. La Prohibition est L’ARGUMENT central du débat sur les drogues. 🔑 Elle démontre qu’interdire un produit très demandé ne le supprime pas : cela le rend plus dangereux (clandestin, non contrôlé), enrichit le crime et coûte cher à réprimer. C’est exactement le raisonnement invoqué aujourd’hui pour la « guerre contre la drogue » (échec analogue) et les débats sur la légalisation. Abrogée en 1933, la Prohibition reste le cas d’école des politiques qui produisent le contraire de leur but (un « effet pervers » massif — cf. Raymond Boudon).