Quand les « Jacques » se soulèvent, le mot devient synonyme de révolte paysanne.
⭐ L’essentiel. La Grande Jacquerie éclate en mai 1358 dans le Beauvaisis (nord de Paris), en pleine guerre de Cent Ans. Révolte des paysans (les « Jacques », du sobriquet « Jacques Bonhomme »), elle est écrasée en quelques semaines dans un bain de sang. Par extension, « jacquerie » désigne désormais toute révolte paysanne.
🔑 Contexte et déroulé. Le royaume est exsangue : défaite de Poitiers (1356) et capture du roi Jean II le Bon, ravages des Grandes Compagnies, fiscalité écrasante, séquelles de la Peste noire (1348). Les paysans, sommés d’entretenir des châteaux qui ne les protègent plus, se soulèvent. Un meneur émerge, Guillaume Cale (Karle). La révolte se joint un temps à la révolte parisienne d’Étienne Marcel. La répression est menée par Charles II de Navarre : Cale est capturé par traîtrise et exécuté, les paysans massacrés (fin juin 1358).
⚠️ Esprit critique. (1) Les sources (Froissart, chroniqueurs nobles) sont hostiles et exagèrent la sauvagerie « aveugle » des paysans. 🔑 (2) La Jacquerie n’était pas anarchique : elle visait précisément la noblesse jugée défaillante, avec une organisation et des chefs. (3) Elle annonce d’autres soulèvements (Tuchins, révolte des Foulons, guerre des Paysans allemande de 1525) et nourrit durablement la peur sociale des élites.