Littérature → Œuvres → Roman moderne (XXe siècle)
Enjeu global
Seul texte que Gide qualifiait de « roman », Les Faux-Monnayeurs est un jalon du roman moderne par sa réflexivité. L’œuvre pratique la mise en abyme : Édouard, romancier personnage, écrit un livre intitulé lui aussi Les Faux-Monnayeurs. Le roman interroge la sincérité contre l’artifice, la difficulté de saisir le réel et la fabrication même de la fiction. La fausse monnaie devient métaphore du faux dans les êtres, les sentiments et l’art.
L’œuvre
- Intrigue / dispositif : récit éclaté suivant plusieurs adolescents parisiens — Bernard, Olivier, Vincent — autour de l’écrivain Édouard, oncle d’Olivier. S’y croisent un trafic de fausses pièces, des tensions familiales et le suicide du jeune Boris. Le Journal des Faux-Monnayeurs accompagne l’œuvre et en dévoile la genèse.
- Personnages : Bernard Profitendieu ; Olivier ; Édouard, l’écrivain ; Boris.
- Contexte : publié en 1925 ; Gide, futur prix Nobel (1947).
Thèses et débats
1. Le roman du roman
En donnant à voir un romancier qui écrit son roman, Gide fait du livre une réflexion sur la création, préfigurant le Nouveau Roman.
2. Sincérité et masques sociaux
La fausse monnaie symbolise l’inauthenticité : morale bourgeoise, sentiments feints, identités instables.
Pourquoi ça compte
Œuvre-somme d’André Gide, elle influença le roman réflexif du XXe siècle et la théorie de la mise en abyme. Elle interroge encore la frontière entre vie et fiction.
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