Branche des mathématiques qui étudie les décisions STRATÉGIQUES : comment agir quand le résultat dépend aussi des choix des autres.
⭐ L’idée. Fondée par von Neumann puis John Nash, elle modélise des « jeux » (économie, guerre, évolution, poker) où chaque acteur choisit en anticipant les autres. Le concept central est l’équilibre de Nash : une situation où personne n’a intérêt à changer sa stratégie SI les autres gardent la leur — un point stable, pas forcément optimal.
🔑 Le dilemme du prisonnier. L’exemple culte. Deux complices interrogés séparément : chacun peut se taire (coopérer) ou dénoncer l’autre (trahir). 👉 La logique individuelle pousse chacun à TRAHIR (c’est le meilleur choix quoi que fasse l’autre) — mais si les deux trahissent, ils s’en sortent MOINS BIEN que s’ils s’étaient tus. La poursuite rationnelle de l’intérêt individuel mène à un résultat collectivement PIRE. 🔑 C’est le modèle mathématique de dizaines de problèmes : course aux armements, pollution, surpêche, évasion fiscale. (Cf. les effets pervers, la tragédie des communs.)
⚠️ Esprit critique. La théorie suppose des acteurs RATIONNELS et égoïstes maximisant leur gain — hypothèse souvent fausse (les humains coopèrent plus que prévu, ont des émotions, des normes). 🔑 Elle est descriptive ET normative : décrit-elle comment les gens agissent, ou leur enseigne-t-elle à devenir des calculateurs froids ? Utilisée en économie et en stratégie nucléaire, elle a une portée réelle — mais prendre ses hypothèses pour la nature humaine est une erreur.