Platon (Phèdre) → L’écriture, remède et poison à la fois
L’essentiel
Dans le Phèdre, Platon raconte le mythe de Theuth, l’inventeur de l’écriture, qui la présente au roi comme un pharmakon — mot grec ambivalent signifiant à la fois remède et poison. Le roi refuse l’éloge : l’écriture, censée aider la mémoire, va au contraire l’affaiblir (on ne retient plus, on se fie au support externe).
La critique de l’écriture
- L’écriture est morte : elle répète la même chose, ne peut répondre ni s’adapter à l’interlocuteur (contrairement au dialogue vivant, la dialectique).
- Elle donne l’illusion du savoir sans la compréhension véritable.
- Ironie : Platon écrit cette critique de l’écriture (voir Le Nom de la Rose sur le savoir et le livre).
Postérité
- Derrida (La Pharmacie de Platon) fait du pharmakon un concept majeur : l’indécidable, ce qui est remède et poison à la fois — modèle de toute technique (l’écriture, aujourd’hui le numérique : ça augmente et ça affaiblit).
À retenir
Le pharmakon (Platon, Phèdre) : l’écriture est un remède-poison — censée servir la mémoire, elle l’affaiblit ; « morte », elle ne dialogue pas et donne l’illusion du savoir. Concept d’ambivalence repris par Derrida — modèle de toute technique (bénéfique et nuisible à la fois).
🔗 Liens
Fiches qui citent celle-ci (2)
- La Technique Philosophie
- Platon — Phèdre Philosophie