La Première ministre britannique la plus éphémère de l’histoire (49 jours) — coulée par son propre mini-budget. Cas d’école du choc entre idéologie et réalité des marchés.
⭐ Qui c’est. Liz Truss, femme politique britannique (Parti conservateur), ministre sous Cameron, May et Johnson (Commerce, puis Affaires étrangères). Elle devient Première ministre en septembre 2022, à la chute de Boris Johnson. Son mandat dure 49 jours (6 septembre – 25 octobre 2022) : le plus court de l’histoire du Royaume-Uni. Le tabloïd Daily Star la « bat » en filmant une laitue censée lui survivre — et la laitue gagne.
🔑 Sa politique (la « Trussonomics »). 🔑 Idéologie thatchérienne et libertarienne : priorité absolue à la croissance (« growth, growth, growth ») par la baisse des impôts et la dérégulation, dans la croyance du ruissellement (trickle-down : enrichir le haut profiterait à tous). Le 23 septembre 2022, son chancelier Kwasi Kwarteng présente un « mini-budget » : ~45 milliards £ de baisses d’impôts non financées (dont la suppression de la tranche supérieure à 45 %, annulation de la hausse de l’impôt sur les sociétés), sans chiffrage indépendant (l’OBR, le bureau budgétaire, court-circuité).
⚠️ Esprit critique — le fiasco et ses leçons. (1) La sanction immédiate des marchés. Des baisses d’impôts à crédit en pleine inflation ont paniqué les investisseurs : chute de la livre (proche de la parité avec le dollar), flambée des taux sur la dette (gilts), crise des fonds de pension (stratégies LDI) obligeant la Banque d’Angleterre à intervenir en urgence, et envolée des taux de crédit immobilier pour les ménages. (2) La chute. Face au tollé, série de reculades (U-turns), limogeage de Kwarteng, remplacé par Jeremy Hunt qui annule presque tout ; Truss, désavouée, démissionne, remplacée par Rishi Sunak. (3) La leçon économique. Cas d’école de la contrainte des marchés sur un État très endetté et emprunteur : contrairement au fantasme du pouvoir illimité, un gouvernement peut être discipliné en quelques jours par les créanciers (à opposer au débat sur la souveraineté monétaire — cf. La Théorie monétaire moderne (MMT), applicable aux USA/UK mais pas sans limite : la confiance et le change comptent). (4) La leçon politique. L’échec de l’idéologie pure (le dogme libéral appliqué sans test ni prudence) face au réel ; illustration aussi de l’instabilité conservatrice post-Brexit (Cameron → May → Johnson → Truss → Sunak).
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