Économie → quand la rationalité de chacun mène à la ruine de tous.
L’essentiel
Le dilemme du prisonnier est le jeu non-coopératif le plus célèbre de la théorie des jeux, formalisé vers 1950 (Flood, Dresher, Tucker). Deux complices interrogés séparément peuvent coopérer (se taire) ou trahir (dénoncer). La trahison est une stratégie dominante pour chacun, si bien que la rationalité individuelle conduit les deux à se dénoncer — un résultat collectivement pire que la coopération mutuelle. Il illustre le divorce entre intérêt privé et intérêt général.
Mécanisme
- Si les deux coopèrent : peine légère pour chacun.
- Si l’un trahit et l’autre coopère : le traître est libéré, le naïf lourdement puni.
- Si les deux trahissent : peine forte pour les deux.
- L’équilibre de Nash (trahir/trahir) est Pareto-inférieur à coopérer/coopérer.
Exemples / Cas
- Course aux armements, guerres tarifaires, surexploitation d’une ressource.
- Jeux répétés : la stratégie donnant-donnant (tit-for-tat) fait émerger la coopération.
- Ententes de cartel, où chaque membre est tenté de tricher.
Dimension symbolique
- Piège de la rationalité : bien raisonner ne suffit pas à bien vivre ensemble.
- Confiance et institutions : contrats et répétition permettent d’échapper au piège.
À retenir
Le dilemme du prisonnier montre que la poursuite rationnelle de l’intérêt individuel peut produire un désastre collectif. Sa résolution passe par la répétition, la réputation ou des règles contraignantes — enjeu central des externalités et des communs.
🔗 Liens
Fiches qui citent celle-ci (2)
- MOC — Théories et Concepts Microéconomiques Économie
- La Théorie des Jeux Économie