L'Encyclopédie

Les Trente Glorieuses

1945-1975 : trois décennies de croissance et de prospérité exceptionnelles en Occident — l'âge d'or du plein-emploi et de la société de consommation. ⭐ Trente ans d'abondance.

1945-1975 : trois décennies de croissance et de prospérité exceptionnelles en Occident — l’âge d’or du plein-emploi et de la société de consommation.

Trente ans d’abondance. L’expression est de l’économiste Jean Fourastié (1979), par clin d’œil aux « Trois Glorieuses » (les 3 journées de la révolution de 1830). De la fin de la Seconde Guerre mondiale (1945) au premier choc pétrolier (1973-1975), la France et l’Occident connaissent une croissance record (~5 %/an), le plein-emploi, la reconstruction, l’explosion de la consommation (voiture, électroménager, télévision), l’exode rural et l’essor de l’État-providence. Le pouvoir d’achat double, la vie quotidienne se transforme plus qu’en un siècle.

🔑 La naissance de notre monde matériel. 🔑 Les Trente Glorieuses ont créé la SOCIÉTÉ DE CONSOMMATION moderne : la classe moyenne, le confort de masse, le crédit, la publicité, les grandes surfaces, les vacances pour tous. C’est le socle nostalgique auquel beaucoup se réfèrent encore (« c’était mieux avant », « le temps où l’on trouvait du travail facilement »). La rupture de 1973 (fin de la croissance facile, montée du chômage) hante toujours l’imaginaire économique et politique occidental.

⚠️ Esprit critique. (1) « Glorieuses » pour qui ? Le terme est CONTESTÉ : ces années furent aussi celles de la guerre d’Algérie, de la pollution massive naissante, du travail à la chaîne aliénant, de conditions d’immigration très dures (bidonvilles), et d’un modèle patriarcal (la femme au foyer). L’écrivain Jean-Patrick Manchette parlait plutôt des « Trente Piteuses ». 🔑 (2) Illusion rétrospective : on IDÉALISE cette période en oubliant qu’elle repose sur une conjoncture historique unique (reconstruction, énergie fossile bon marché, rattrapage) impossible à reproduire. La nostalgie des Trente Glorieuses nourrit des promesses politiques irréalistes (« retrouver la croissance d’antan »). (3) Bombe à retardement écologique : cette prospérité s’est bâtie sur une consommation de ressources et une émission de CO₂ effrénées, dont on paie aujourd’hui la facture climatique. La « gloire » d’hier est en partie la crise environnementale d’aujourd’hui (cf. Le Réchauffement Climatique).

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