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Le Décadentisme

« La fin d'un monde » érigée en art — l'esthétique de l'artifice, du raffinement morbide et du dégoût du réel, à la fin du XIXe siècle. ⭐ L'art de la fin de siècle.

« La fin d’un monde » érigée en art — l’esthétique de l’artifice, du raffinement morbide et du dégoût du réel, à la fin du XIXe siècle.

L’art de la fin de siècle. Le décadentisme est un courant littéraire et artistique de la fin du XIXe siècle (Huysmans — À rebours ; l’influence de Baudelaire ; proche du symbolisme). Il cultive l’idée d’une civilisation en DÉCLIN (« décadence ») et en fait une esthétique : raffinement extrême, artifice, ennui (le spleen), sensations rares, morbidité élégante.

🔑 L’artifice contre la nature. 🔑 Le décadent PRÉFÈRE l’ARTIFICE à la nature, le rare au commun, le pervers au sain — il cultive le paradoxe, l’esthétisme (« l’art pour l’art »), le dandysme (cf. Oscar Wilde). Le héros décadent (Des Esseintes chez Huysmans) se retire du monde vulgaire dans un univers d’art et de sensations artificielles. Une réaction hautaine et désabusée contre le naturalisme, le progrès et la bourgeoisie de son temps.

⚠️ Esprit critique. (1) Lucidité ou pose ? Le décadentisme peut être une vraie critique du progrès et du matérialisme bourgeois — ou une POSE aristocratique, un snobisme de l’ennui et du dégoût, un repli élitiste hors du monde. La frontière entre profondeur et affectation est mince (cf. Le Kitsch). 🔑 (2) « Décadence », un mot piégé : l’idée qu’une civilisation « décline » est récurrente (des Romains à aujourd’hui) et souvent IDÉOLOGIQUE (nostalgie, peur du changement, discours réactionnaire). Le « déclinisme » est à manier avec prudence (cf. Ibn Khaldoun, L’Esprit Critique).

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