La catégorie fondamentale du religieux : ce qui est mis À PART, entouré de respect et d’interdits, radicalement distinct du monde ordinaire (le « profane »).
⭐ Sacré vs profane. Toute religion repose sur une séparation entre le SACRÉ (le divin, l’intouchable, ce qui inspire crainte et fascination) et le PROFANE (le quotidien, l’ordinaire). Un lieu (temple), un temps (jour de fête), un objet, une personne peuvent être « sacrés » : soustraits à l’usage courant, protégés par des rites et des tabous. Rudolf Otto décrit l’expérience du sacré comme un « mysterium tremendum et fascinans » — un mystère qui à la fois terrifie et attire.
🔑 Une catégorie sociale ? Le sociologue Durkheim propose une thèse audacieuse : le sacré n’est pas « du ciel », c’est la SOCIÉTÉ elle-même que le groupe adore sans le savoir. En sacralisant un totem, un dieu, un drapeau, la communauté célèbre sa propre unité. 👉 Le sacré serait la façon dont une société se rend à elle-même un culte — d’où sa puissance de cohésion. (Cf. Durkheim, Casanova — Déprivatisation de la Religion.)
⚠️ Esprit critique. (1) Le sacré n’a pas disparu avec la sécularisation : il s’est DÉPLACÉ. La nation (le drapeau, le soldat inconnu), la science, l’art, les droits de l’homme, une star, un stade de foot ont leurs rites, leurs reliques, leurs interdits. 🔑 Nos sociétés « laïques » regorgent de sacré profane. (2) Le sacré est ambivalent : il fonde le lien social et le sens, mais aussi le FANATISME (mourir et tuer « pour ce qui est sacré »). Comprendre le sacré, c’est comprendre ce pour quoi les humains sont prêts à tout — le meilleur (le dévouement) comme le pire (le sacrifice, la guerre sainte). Une clé anthropologique majeure. (Cf. le sacrifice, La Laïcité.)
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Fiches qui citent celle-ci (5)
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- Le Rite Sociologie
- Le Tabou Sociologie
- Plotin Philosophie
- Lascaux et l'Art Pariétal Art & Culture