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La Violence symbolique

Le pouvoir qui n'a pas besoin de la force parce que les dominés y consentent. ⭐ L'idée forte. Forgée par Bourdieu et Jean-Claude Passeron, la violence symbolique est une domination « douce »,…

Le pouvoir qui n’a pas besoin de la force parce que les dominés y consentent.

L’idée forte. Forgée par Bourdieu et Jean-Claude Passeron, la violence symbolique est une domination « douce », invisible, exercée avec la complicité tacite de ceux qui la subissent. Les dominés perçoivent le monde à travers des catégories produites par les dominants et finissent par juger « naturel », « normal » ou « mérité » l’ordre qui les défavorise. Nul besoin de contrainte physique : la soumission est intériorisée.

🔑 Le mécanisme / ce qu’on oublie. Le ressort central est l’habitus : dispositions incorporées dès l’enfance qui font qu’on adhère à sa propre position. L’École (La Reproduction, 1970) en est le grand opérateur : en valorisant la culture des classes dominantes comme culture « légitime », elle transforme des inégalités sociales en différences de « dons », et fait accepter l’échec comme une responsabilité personnelle. La domination masculine (1998) en offre un autre exemple : femmes et hommes partagent les schèmes de perception qui perpétuent la hiérarchie de genre.

⚠️ Esprit critique. (1) On reproche à Bourdieu un modèle trop déterministe, où l’acteur semble condamné à la reproduction, sans place réelle pour la révolte. 🔑 (2) Comment le changement social est-il alors possible ? Les crises et prises de conscience restent mal expliquées. (3) La « complicité » des dominés a été jugée condescendante par certains lecteurs. (Cf. Le Déterminisme social, La Conscience de classe.)

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