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L'Architecture Moderniste (La Tabula Rasa et la Fonction)

L'architecture moderniste réalise une rupture ontologique avec tout le passé historique. Porté par l'industrialisation, l'enjeu est d'appliquer les principes de l'optimisation industrielle (le…

Enjeu global

L’architecture moderniste réalise une rupture ontologique avec tout le passé historique. Porté par l’industrialisation, l’enjeu est d’appliquer les principes de l’optimisation industrielle (le Discours de l’Université technocratique) au cadre de vie humain : faire table rase de l’ornement, utiliser les matériaux nouveaux (béton armé, acier, verre) et décréter que la forme doit uniquement être le produit de la fonction.

Caractéristiques objectives

  • Période clé : ~1920 - 1970 (Le Corbusier, Bauhaus de Gropius, Mies van der Rohe).
  • Les 5 points de l’architecture moderne (Le Corbusier) : Les pilotis, le toit-terrasse, le plan libre, la fenêtre en bandeau, la façade libre.
  • Maximes clés : « L’ornement est un crime » (Adolf Loos, 1908) ; « Less is more » (Mies van der Rohe) ; « La maison est une machine à habiter » (Le Corbusier).

Caractéristiques subjectives (l’esprit)

Ascétisme, obsession de la lumière naturelle et de l’hygiénisme, rejet du passé, utopie égalitaire par la standardisation.

Thèses et débats : Une confrontation dialectique

1. L’émancipation par le fonctionnalisme VS L’aliénation par l’architecture des Backrooms

  • Thèse (L’utopie moderniste) : En libérant le bâtiment des murs porteurs grâce au béton et aux pilotis, le modernisme offre des espaces intérieurs lumineux, modulables et économiques. C’est une architecture démocratique visant à loger dignement les masses laborieuses (industrialisation salvatrice) en brisant les hiérarchies bourgeoises du décorum.
  • Antithèse (La critique post-moderne et spatiale) : L’homogénéisation internationale, l’utilisation massive du béton brut et l’absence totale de repères anthropomorphiques mènent à une déshumanisation des villes.
  • Le raccord symbolique : Cette standardisation infinie, faite de structures modulaires orthogonales, de cloisons interchangeables et de grands volumes standardisés vides, préfigure directement l’angoisse spatiale des Les Backrooms : un espace infini, rationnel, mais profondément désertique, angoissant et coupé de la nature (l’infra-monde de la technique).

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