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La Décroissance

Économie → Peut-on viser une croissance infinie sur une planète finie — et si non, comment vivre bien avec moins ? La décroissance est un courant de pensée qui conteste le dogme de la croissance du…

Économie → Peut-on viser une croissance infinie sur une planète finie — et si non, comment vivre bien avec moins ?


L’essentiel

La décroissance est un courant de pensée qui conteste le dogme de la croissance du PIB comme horizon indépassable des sociétés. Son argument de base est physique : une croissance matérielle infinie est impossible sur une planète aux ressources finies et aux limites planétaires déjà dépassées. Elle propose donc une réduction volontaire et organisée de la production et de la consommation dans les pays riches, non par récession subie mais par choix démocratique, au service du bien-être et de la soutenabilité.

Idées-clés

🔑 (1) Racines intellectuelles. Nicholas Georgescu-Roegen et la bioéconomie (l’économie est soumise à la loi d’entropie : produire dégrade irréversiblement énergie et matière). Ivan Illich (la « convivialité », la contre-productivité des institutions). Serge Latouche, figure francophone (« il n’y a pas de croissance infinie dans un monde fini »). Le rapport Meadows du Club de Rome (Les Limites à la croissance, 1972).

🔑 (2) Notions centrales. Limites planétaires ; sobriété (réduire les besoins matériels superflus) ; relocalisation des productions ; « bien vivre » (inspiré du buen vivir andin) : mesurer le succès au temps libre, à la santé, aux liens sociaux, aux communs, plutôt qu’au volume produit.

🔑 (3) La critique du PIB. Le PIB compte la production marchande mais ignore le travail domestique, le bénévolat, les inégalités et la destruction de la nature ; une marée noire, en le faisant grimper (dépenses de dépollution), devient « bonne » pour le PIB. D’où l’appel à d’autres indicateurs (cf. Comprendre l’Économie — PIB, Inflation, Dette, Banque Centrale).

⚠️ Esprit critique

Le débat central oppose la décroissance à la « croissance verte » : les partisans du découplage parient qu’innovation et efficacité permettront de croître en réduisant l’empreinte écologique ; les décroissants répliquent que le découplage absolu et à l’échelle requise n’est pas observé empiriquement. Objections fortes à la décroissance : elle menacerait l’emploi et le financement de la protection sociale ; sa faisabilité politique paraît faible (quel électorat vote la baisse ?) ; les pays pauvres ont besoin de croître pour sortir de la misère ; mal pilotée, elle risquerait de virer à l’austérité. Réponses des décroissants : redistribution du travail et du revenu, garantie d’emploi et de services publics, décroissance ciblée sur le superflu des riches (pas sur le nécessaire des pauvres), et « prospérité sans croissance ». Position d’équilibre : un vrai débat scientifique et politique ouvert, où le désaccord porte moins sur le constat écologique que sur les moyens et la soutenabilité sociale.

À retenir

La décroissance conteste la croissance infinie au nom des limites planétaires, s’appuyant sur Georgescu-Roegen, Illich, Latouche et le Club de Rome (1972). Elle prône sobriété, relocalisation et « bien vivre », et critique le PIB. Son débat clé — décroissance vs croissance verte — reste ouvert, entre urgence écologique et objections d’emploi, de faisabilité et d’équité Nord-Sud.

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